Yvan Lefranc-Morin,    

DG France de Flixbus

Flixbus, un opérateur de mobilités !

L’été 2019 des cars dits Macron aura encore été marqué par une hausse de la fréquentation, signe d’un marché au potentiel encore non saturé. Parallèlement, le paysage concurrentiel s’est éclairci autour de deux acteurs, Flixbus et BlablaBus.

03/09/2019 - Propos recueillis  par Pierre Cossard

Rencontre avec Yvan Lefranc-Morin, directeur général France de Flixbus, qui dévoile à Mobilités Magazine les ressorts de développement de son entreprise.

Mobilités Magazine : Quel bilan tirez-vous des huit premiers mois d’exercice de cette année 2019 ?

Yvan Lefranc-Morin : Pour nous, le bilan est très positif. Le marché continue de bien se développer. L’appétit pour ce mode est bien là et nous restons convaincus que ce marché n’est pas arrivé à maturité comme en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Nous ne pouvons que nous satisfaire du fait que les nouvelles lignes et fréquences que nous créons trouvent leur public. 

MM : Comment se passe l’intégration d’Eurolines/Isilines au sein de Flixbus ?

YL-M : La phase d’analyse est désormais derrière nous. Nous allons adapter les offres pour les rendre complémentaires, et on intègre progressivement l’offre Euroline/Isilines au sein du réseau Flixbus. Toutefois, il n’y a aucun projet de rapprochement en matière d’identité. 

MM : Après votre rachat d’Euroline/Isilines et celui de OuiBus par BlablaCar, vous n’êtes plus que deux acteurs sur le marché français. Comment appréhendez-vous cette évolution importante ?

YL-M : Finalement, la sortie de OuiBus sous sa forme initiale m’apparaît être une très bonne chose. Le marché s’est assaini, car BlablaCar devra désormais se comporter de façon rationnelle, sans pouvoir lui, fausser la concurrence grâce aux recours aux deniers publics. Il est maintenant devenu notre principal concurrent.

 

MM : Flixbus a annoncé cet été le rachat d’un opérateur turc, Kamil Koç, une acquisition de ce type est-elle envisageable en France ?

YL-M : Nous ne nous interdisons rien. Il y a toujours de nombreuses options sur la table, et nous les examinons toutes avec attention.

 

MM : BlablaCar est venu sur votre terrain, et vous allez prochainement investir sur le secteur du covoiturage avec Flixcar. Quel est l’objectif de cette diversification ?

YL-M : Notre service de covoiturage Flixcar devrait en effet exister à l’horizon du premier trimestre 2020. Nous estimons qu’il existe en effet une complémentarité objective entre les deux modes. Nous pensons qu’il pourrait être plus facile de passer de l’autocar au covoiturage, tout en répondant à de nouvelles problématiques. Toutefois, lorsque nous nous réfléchissons en tant qu’acteur global de mobilité, nous estimons que le covoiturage est avant tout un service complémentaire au train et à l'autocar, pour une desserte plus fine des territoires.

 

MM : Justement, qu’en est-il du développement possible de Flixtrain sur le marché français ?

YL-M : Pour l’instant, nous avons montré notre intérêt sur un certain nombre de dossiers auprès de l’Arafer, mais cela ne veut pas dire que nous allons nous lancer. Il nous reste à discuter avec SNCF Réseau et surtout, à trouver des solutions pour pallier l’absence de stock en matière de trains d’occasion. Un phénomène problématique, puisque le marché du neuf est quant à lui saturé. Je pense que nous aurons une position claire sur ce sujet au premier trimestre 2020.

 

MM : Votre marché est souvent pointé du doigt pour l’absence de rentabilité de ses acteurs. Qu’en est-il de Flixbus France aujourd’hui ?

YL-M : Comparé aux 28 marchés sur lesquels officie Flixbus (qui est rentable à l’échelle du groupe depuis deux ans, NDLR), la France a sans doute été la plus rude en matière concurrentielle, notamment parce que Ouibus a longtemps faussé l’équilibre du secteur. Par ailleurs, c’est aussi le marché sur lequel les coûts de production, notamment les péages, sont les plus élevés. Tous ces éléments de contexte font que, après quatre ans d’existence, il ne nous paraît pas aberrant d’être encore en quête de rentabilité. Je reste convaincu que l’équilibre sera atteint dans les trois ans qui viennent.  

 

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