Politique

Un axe pour des « Alpes vertes »

Jean-François Bélanger

27/10/2019

Lors d’une visite de chantier du Lyon-Turin, Laurent Wauqiuez, président d’Auvergne-Rhône-Alpes, et Alberto Cirio, président du Piémont, ont signé une convention de coopération renforcée dans laquelle les deux Régions s’engagent pour faire des Alpes un modèle de montagne verte, écologique et respectueuse de l’environnement.

Le massif des Alpes, s’étend sur huit pays et abrite une population de 13 millions de personnes avec un formidable patrimoine naturel menacé à préserver. Les deux Régions le partageant et s’engagent pour une coopération renforcée dans l’objectif de réaliser des « Alpes vertes ».

 

Cela passe en priorité par le soutien commun au Lyon-Turin, un chantier qui va structurer la mobilité ferroviaire dans les Alpes dans les prochaines décennies et qui doit représenter l’épine dorsale écologique de l’Europe.

 

C’est un investissement d’avenir à la fois au service des intérêts écologiques et économiques des territoires, la seule solution moderne et crédible pour réduire massivement et durablement le trafic de camions qui asphyxient et engorgent les vallées.

 

8% du trafic vers l’Italie

 

Aujourd’hui, 92% des échanges France-Italie se font par la route, alors que 70% des échanges de marchandises entre la Suisse et l’Italie se font par le rail. Les tunnels actuels sont proches de la saturation et les vallées s’asphyxient.

 

Le ferroutage et le Lyon-Turin vont permettre le rééquilibrage. Le coût social et environnemental du ferroutage est 10 fois inférieur à celui de la route. La construction de cette nouvelle ligne va permettre de réduire d’environ 3 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an les émissions de gaz à effet de serre, soit celles d’une ville de 300 000 habitants.

 

Cet objectif sera obtenu grâce au transfert d’environ un million de camions de la route vers le rail, ceci dans un contexte où le réchauffement climatique est, dans les Alpes, deux fois plus rapide qu’à l’échelle mondiale : +1,5 à 2°C depuis 1900, +5°C dans le meilleur des cas d’ici 2100. 

 

« Le report modal de la route vers le rail dans les Alpes est fondamental si nous voulons défendre nos Alpes vertes », ont déclaré de concert Laurent Wauquiez et Alberto Cirio  

 

Prolonger « Zero Emission Valley » (ZEV) en Piémont

 

En termes de mobilité et d’énergie, les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Piémont vont renforcer leur coopération pour développer l’hydrogène.

 

Face aux enjeux cruciaux de la transition énergétique, de la qualité de l’air et de la stratégie industrielle, l’hydrogène apparaît comme une énergie propre d’avenir.

 

Le projet « ZEV », soutenu par la Commission européenne, va déjà permettre à Auvergne-Rhône-Alpes de créer 20 stations de recherche et de déployer 1 000 véhicules hydrogène légers.

 

De son côté, le Piémont dispose du deuxième site de R&D le plus important d’Italie, notamment, avec le « Politecnico » de Turin et « l’Environement Park ». Le Piémont amorce ainsi des projets de production d’hydrogène vert issue de biomasse.

 

Les deux Régions vont donc travailler ensemble pour prolonger « ZEV » en Piémont, et pour comparer les meilleures solutions de production, de stockage et de conversion de l’hydrogène vert.

 

A ce titre, le projet « BioBurplus » piloté par le « Politecnico » de Turin, et auquel participe l’Institut de Recherches sur la Catalyse et l’Environnement de Lyon (IRCE Lyon) rattaché à Université de Lyon et au CNRS) est exemplaire.

 

Mobiliser les crédits européens

 

Un tel projet doit permettre d’améliorer considérablement l’efficacité énergétique et la rentabilité de la conversion du biogaz en hydrogène. Enfin, les deux Régions s’engagent à créer toutes conditions favorables à l’accueil et au développement des entreprises et à l’émergence de projets finançables par les fonds européens.

 

Dans cet objectif, les deux Régions veulent mobiliser l’ensemble des outils européens disponibles, notamment les crédits Interreg Alcotra, ou ceux de la Stratégie de l’Union européenne pour la région alpine (SUERA).

 

Cette instance est aujourd’hui présidée par l’Italie, et par la France à partir de février 2020. C’est pourquoi, se réjouissant des actions menées par l’Italie qui vont dans le sens des « Alpes vertes », les deux Régions appellent la prochaine Présidence française à engager des actions fortes et concrètes dans tous les axes environnementaux dont elles font leur priorité.

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