Strasbourg : la CTS teste le Cristal

                           de Lohr Industrie 

Christine Cabiron

La Compagnie des Transports Strasbourgeoise (CTS) expérimente jusqu’au 21 décembre 2018 un véhicule Cristal de Lohr composé de deux modules attelés. En janvier 2019, elle le testera à la fois en version attelé en heure de pointe et en mode simple en heures creuses

Le 3 décembre 2018, un nouveau véhicule de transport en commun a fait son apparition sur le réseau urbain strasbourgeois. Il s’agit du Cristal, un véhicule 100% électrique conçu par Lorh Industrie. Sa particularité : être modulable. C'est-à-dire qu’il peut être composé de quatre voitures au maximum, attelées les unes aux autres. Celles-ci pouvant être dételées pour circuler en module seul.

 

Dans un premier temps, la Compagnie des Transports Strasbourgeois (CTS) a fait le choix de tester la version composée de deux voitures, d’une capacité de 16 places. Si Lohr a conçu une version autonome, la CTS a choisi le modèle avec conducteur.

 

« L’intérêt de cette expérimentation est de s’interroger sur l’opportunité de mettre en service ce type de véhicule sur des lignes transportant une quarantaine de personnes en heures de pointe par course et 5 ou 6 en heures creuses », explique Jean-Philippe Lally, directeur général de la CTS.

 

Des « trains » de minibus

Ce véhicule est testé sur la ligne 10 qui dessert la gare SNCF, le musée d’art moderne, Brant et l’université. Ligne sur laquelle la CTS réalise toutes les expérimentations de bus électriques. Le Cristal fonctionne en complément de l’offre classique, du lundi au vendredi, avec une fréquence de 45 min.   

 

En version attelée, le Cristal fonctionne comme une remorque. Ce qui implique que les conducteurs doivent être titulaires du permis B96. « Cela nous a fait sourire, car nos conducteurs ont l’habitude de conduire des bus articulés beaucoup plus imposants que le Cristal ! ».

 

Cette première version sera testée jusqu’au 21 décembre 2018. L’occasion pour le transporteur d’engranger des données concernant la maniabilité du véhicule, sa fiabilité, l’autonomie, la consommation et le confort. C’est aussi une opportunité d’observer le comportement des usagers en matière de validation dans un contexte où la CTS pratique la montée par l’avant. 

 

« Dans le premier module, le conducteur peut contrôler les titres de transport. C’est beaucoup moins le cas dans la deuxième voiture ». Pour contrer les velléités de fraude, le transporteur a donc installé des caméras à titre dissuasif et organise des opérations de contrôle « classiques ».

 

Test des attelages 

En janvier 2019, la CTS va tester le Cristal en mode attelé en heure de pointe et en version simple en heures creuses. «Ce sera toujours en supplément de l’offre car nous ne voulons pas prendre le risque de remplacer nos bus par un véhicule expérimental ».

 

L’objectif de cette deuxième expérimentation vise à vérifier la fiabilité des opérations d’attelage et de dételage. Il s’agira aussi de mesurer comment ces actions peuvent s’intégrer dans l’exploitation d’une ligne. 

 

« En théorie, le conducteur doit être capable d’atteler et dételer les voitures de manière autonome. Nous allons vérifier si cette opération est simple et rapide. Cela nous permettra aussi de savoir comment gérer les rechargements croisés des modules lors d’une journée ».

 

Intérêt économique ?

Si ces expérimentations s’avèrent concluantes d’un point de vue technique, la CTS procèdera à un calcul économique. L’idée : évaluer si l’utilisation de ces véhicules modulables  présente un intérêt en matière d’investissement. « Même si nous ne connaissons pas encore le prix, je pense que les Cristal coûtent moins cher qu’un bus standard électrique », rappelle Jean-Philippe Lally. 

 

 

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