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Le retrait d’Eurostar de Savoie met le feu aux poudres

 

Eurostar a fait savoir qu’il supprimait ses liaisons entre Londres et Bourg-Saint-Maurice à partir de l’hiver prochain. Une décision hors sol, au moment où le plan de relance gouvernemental français vient d’être annoncé, avec 4,8 Mds€ pour la relance du trafic ferroviaire !

 

Sans concertation, Eurostar, détenu à 55% par la S ?CF, a décidé de ne plus assurer le « skitrain » entre Londres et Bourg-Saint-Maurice, pour la prochaine saison d’hiver.

 

Avec un Eurostar hebdomadaire desservant aussi Albertville, Moutiers et Aime-la-Plagne, ce transport attractif, sans rupture de charge depuis Londres, séduisait environ 30 000 clients par an.

 

« Si rien ne bouge, ils seront donc contraints de changer de train à Lille ou à Paris. Certains renonceront à venir ou choisiront l’avion ou la voiture. Cela nous fera donc moins de monde et plus de pollution », analyse Vincent Rolland, président de Savoie-Mont-Blanc-Tourisme.

 

 

Un train de nuit Paris-Bourg-Saint-Maurice ?

 

Cette décision anachronique n’a pas manqué de provoquer l’ire des milieux économiques et politiques. En particulier, dès la fin du mois de juillet, elle a justifié une question au gouvernement déposée par Vincent Rolland, député de Savoie, concernant aussi le retour du train de nuit entre Paris et Bourg-Saint-Maurice.

 

A ce moment, Barbara Pompili, ministre de la Transition Ecologique, lui avait répondu qu’un plan de relance était en cours et que les premiers arbitrages concernant les trains de nuit seraient annoncés fin août. « Si vous voulez du train, vous allez en avoir », lui a-t-elle-même rétorqué.

 

Effectivement, Bruno Le Maire, devant le Sénat a bien confirmé cette option, le 10 septembre, avec la confirmation d’une nouvelle liaison nocturne entre Paris et Nice, un Paris-Tarbes est aussi évoqué, mais pas de Bourg-Saint-Maurice…

 

 

4,8 milliards pour le fer

 

Sur les 30 Mds€ affectés à la Transition Ecologique, 4,8 milliards le seront pour le ferroviaire, dont 2 milliards pour compenser le coût de la crise à la SNCF. Vincent Rolland vient donc d’écrire à son président.

 

Il souhaite que l’entreprise actionnaire majoritaire d’Eurostar fasse pression sur sa filiale pour revenir sur sa décision. Et que, dans le cadre du plan de relance, le train de nuit qui existait à une époque soit rétabli entre Paris et Bourg-Saint-Maurice.

 

Avec l’ouverture à la concurrence qui se profile, Vincent Rolland est aussi en contact avec un opérateur étranger qui exploite déjà des liaisons ferrées nocturnes entre la Suisse et l’Allemagne et entre l’Autriche et l’Allemagne, des pays qui sont revenus plus tôt que la France sur ce créneau des trains de nuit.

 

 

 

 

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