Dernières actualités …

Alstom et Bombardier veulent céder des sites et des technologies

 

Alstom envisagerait de vendre à des tiers son site alsacien de Reichshoffen (Bas-Rhin) tandis que Bombardier cèderait celui d’Hennigsdorf près de Berlin.

 

Cette double proposition de cession est mise au point en accord avec la Caisse de Placement et de Dépôt du Québec, principal actionnaire de Bombardier. Et elle ne concernerait pas seulement les deux  sites mais également leurs fabrications, soit les gammes respectives des plates-formes Coradia Polyvalent et Talent.

 

S’ajouteraient deux autres transferts-cessions. Celui de la contribution de Bombardier à la réalisation du train à grande vitesse Zefiro V 300 réalisé en commun avec Hitachi Ansaldobreda, et celui des systèmes de signalisation embarqués et de gestion du trafic de Bombardier (Cityflo, CBTC, ERTMS, etc.).

 

Cette initiative viserait à devancer les éventuelles objections de la Direction européenne de la Concurrence quant à un risque de monopole qui serait lié au rachat de Bombardier, principalement sur les marchés français et allemand, ce qui expliquerait le choix des deux sites.

 

Cette proposition entre toutefois en contradiction avec les promesses officielles concernant le maintien des emplois dans les deux groupes dans le cadre du rachat (voir Mobilités Magazine n°37, mai 2020).

 

Alors que près de 800 salariés sont concernés à Reichshoffen et plus de 2000 à Hennigsdorf, rien n’obligerait les éventuels repreneurs à tenir compte de ces promesses. Ce qui explique les inquiétudes des personnels.

 

Mais cette cession présenterait également le risque de pouvoir compliquer, voire même déstabiliser, le segment de marché des trains régionaux.

 

En effet, les actuels clients peuvent s’inquiéter des incertitudes à venir dans l’immédiat puis, ensuite, à terme, des problèmes de discontinuité commerciale et technologique qui surviendraient en raison du changement d’interlocuteur.

 

En France, le site de Reichshoffen et la plate-forme Coradia avec ses diverses déclinaisons existantes et à venir (Regiolis, Coradia Liner et futur CDG Express) ont acquis une place incontournable auprès des régions avec plus de 360 rames en service, en construction ou en commande.

 

La même constatation peut être faite en Allemagne et dans d’autres pays européens voisins avec les 860 rames Talent déjà construites ou commandées en trois versions.

 

Une cession qui, en outre, interviendrait alors qu’un tournant technologique et industriel est en préparation avec divers projets d’expérimentations de rames à hydrogène ou à batteries dans certaines régions françaises.

 

La technologie hydrogène mise en œuvre par Alstom avec les rames I-Lint produites sur le site Alstom de Salzgitter (Basse-Saxe) pourra sans problème profiter aux quatre régions françaises officiellement demandeuses du Grand Est, de l’Occitanie et de la Nouvelle Aquitaine qui ont été rejointes ultérieurement par le Centre-Val de Loire.

 

Mais  l’éventuelle cession de la plate-formeTalent pose le problème du devenir de la technologie batteries qui a été adoptée par Bombardier pour ses rames dernière génération Talent 3 construites à... Hennigsdorf ! 

 

Cette technologie aurait les faveurs de cinq régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts de France, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Sud-PACA) cosignataires en mars 2020 avec la SNCF et Bombardier d’un accord d’expérimentation* de trains à batteries.

 

 

*  Dans le cadre de l’expérimentation cette technologie serait appliquée sur des rames AGC thermiques ou bi-mode des parcs existants avec le remplacement par des batteries des packs moteurs diésels. Elle concernerait notamment la ligne Marseille-Aix qui serait partiellement électrifiée.

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
J'aime !
Please reload

Please reload

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale