Dernières actualités …

Chacun cherche son chat…

12/05/2020

 

Cette période d’assouplissement du confinement, imposé par la pandémie Covid-19, a ceci de remarquable que presque chacune des grandes tendances du transport de voyageurs y voit le moyen d’asseoir son hégémonie au détriment des autres.

 

A ce nouveau jeu, fini le temps du politiquement correct et de « la complémentarité des modes », l’heure est clairement à la valorisation de ses atouts en jouant désormais, à tort ou à raison, sur la peur du virus, et donc la peur de l’autre… mode.

 

On l’a bien compris, les transports collectifs, parfois, et à juste titre, qualifiés de transports de masse, sont clairement victimes de leur nature même, en ce sens qu’ils se caractérisent par une promiscuité obligée, désormais antinomique avec la peur de la contagion instillée dans tous les esprits ces deux derniers mois.

 

Dès lors, tous ceux qui se voulaient naguère complémentaires, se présentent aujourd’hui comme alternatifs, voire sains.

 

En premier lieu le vélo bien sûr, qui s’offre même l’insigne avantage d’être « écologiquement correct » face à l’autre peur du moment, celle du réchauffement climatique. Il est ainsi devenu le cheval de bataille d’un certain nombre d’édiles locaux, en mal de réélection et/ou convaincus de leur posture idéologique, essentiellement anti-voiture.

 

A grands renforts de sondages (dont il ne faut toutefois jamais oublier de vérifier l’exacte provenance, le terme « enquête menée auprès des adhérents de… » étant souvent révélateurs des résultats obtenus), ce premier mode est donné dans nombre de médias (en moyenne plus de 60%de réponses positives) comme le grand gagnant de cette période particulière qui s’ouvre.

 

Il en va d’ailleurs presque de même des multiples micro-mobilités disponibles (trottinettes électriques en tête de liste, mais aussi vélos ou scooter à batteries…) en libre-service, dont on nous explique désormais que les engins mis à disposition seront désinfectés… toutes les dix utilisations !

 

 

Quand les mêmes élus ou ministres qui font la promotion de ces modes « alternatifs » viennent ensuite nous expliquer qu’il faut se laver les mains avant - et après - avoir touché son masque, il y a quand même de quoi être dubitatif !

 

A contrario, d’autres sondages (généralement réalisés pour le compte de loueurs de voitures ou de spécialistes du covoiturage) indiquent que « les Français » plébisciteront largement l’automobile (87% selon un sondage Virtuo, start-up de la location de voiture dématérialisée) comme saine alternative aux transports en commun dans les semaines à venir.

 

Si l’on peut entendre le choix de l’autosolisme dans l’angoissant contexte de « distanciation sociale » forcée du moment, la pratique du covoiturage (pour mémoire : réaliser moyennant paiement un trajet en automobile dans un véhicule privé inconnu…) apparaît là comme plutôt hasardeuse en termes sanitaires, malgré là encore quelques « sondages » très favorables.

 

Face à cette déferlante de postures, et dans un contexte d’hygiénisme peureux soigneusement entretenu chaque soir à 20h, il faudra avant tout se poser les bonnes questions quant aux transports « collectifs » (le mot est important) souhaitables dans l’avenir.

 

A trop les stigmatiser, ou à les rendre impossibles d’usage à grands renforts de protocoles anxiogènes et inapplicables, les individus finiront par faire des choix naturellement… individualistes.

 

Et n’en déplaise à beaucoup (majoritairement les habitants de quelques hyper-centres se rêvant en ville-monde), à ce jeu, on n’a encore rien inventé de mieux que la voiture, ou la moto…

 

 

 

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
J'aime !
Please reload

Please reload

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale