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Laure Planchet, directrice de la Régie des transports de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay

Propos recueillis le 30 avril 2020

 

Au Puy-en-Velay, l’offre de transport public sera quasiment normale le 11 mai 2020. La totalité des circuits scolaires seront rétablis. Par contre, le réseau redeviendra payant, excepté pour les abonnés qui bénéficieront de la gratuité jusqu’à la fin de la période scolaire. Témoignage de Laure Planchet, directrice de la Régie des transports de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay.

 

 

Mobilités Magazine : comment est organisée la mobilité au Puy-en Velay ?

Laure Planchet : la régie emploie 88 salariés dont 70 conducteurs. Nous opérons 14 lignes de transport urbain, une centaine de circuits scolaires et du transport à la demande car l’agglomération est très étendue, majoritairement rurale. Actuellement, 1 200 personnes utilisent les transports publics chaque semaine, contre 33 000 habituellement. Depuis le 16 mars, nous assurons six allers/retours par jour sur chaque ligne, soit environ 40% des services. Nous avons maintenu les deux navettes électriques de centre-ville car il y a de nombreux commerces de bouche dans ce secteur. Nous avons aussi instauré la gratuité car les valideurs sont à l’avant des bus et nous avons confiné le poste de conduite. Même si nous avons réduit l’offre de moitié, nous avons maintenu le TAD qui est emprunté par une vingtaine de personnes chaque semaine.

 

MM : comment vous-êtes organisés en interne pour assurer ces services ?

LP : nous avons modifié les conditions de travail des conducteurs avec leur accord. Ils effectuent des journées un peu plus longues pour ne plus faire de relèves en ligne. Chaque jour, 17 conducteurs assurent les services. Nous avons mis en place des brigades de désinfection pour nettoyer les bus. Nos collaborateurs sont très sérieux et très impliqués.

 

MM : que se passera-t-il le 11 mai 2020 ?

LP : nos abonnés disposeront de la gratuité jusqu’à la fin de l’année scolaire. Nous allons rétablir la montée par l’avant et le réseau redeviendra payant pour les voyageurs occasionnels.  Par contre, nous ne rendrons pas de monnaie. Les clients devront avoir l’à point. Ils pourront aussi utiliser notre solution de M.ticketing. Nous mettrons en place une offre quasi normale, basée sur les horaires du samedi pour que la distanciation physique soit respectée.

 

MM : qu’a-t-il été décidé pour les transports scolaires ?

LP : les circuits seront organisés comme d’habitude, même si pour l’instant nous ne savons pas combien d’établissements rouvriront, ni combien de parents renverrons leurs enfants à l’école. Dans les cars, nous allons neutraliser un siège sur deux en quinconce. Les cars seront désinfectés avant et après le passage des enfants qui seront obligés de porter le masque à bord des cars.

 

MM : comment envisagez-vous de faire respecter le port du masque ?

LP : dans les transports urbains, nous comptons sur le civisme des passagers. Nos contrôleurs seront sur le terrain pour inciter au respect de cette mesure. Il y aura une règle : si un voyageur n’a pas de masque, il ne montera pas dans le bus. Le mot se passera très vite car nous sommes une petite ville. Par ailleurs, les conducteurs ont pour consigne de s’arrêter si un passager retire son masque lorsqu’il est bord. Nous ferons alors appel à la police. Nous ne prévoyons pas de neutraliser des sièges dans les bus. Par contre, le poste de conduite sera isolé avec du plexiglas et nous avons fourni aux agents de conduite des visières en plus des masques.

 

MM : quelle est l’ambiance dans l’entreprise ?

LP : elle était tendue au début du confinement car il y avait de nombreuses incertitudes sur la durée de la crise et la dangerosité du virus. Nous avons travaillé avec le CSE et l’autorité organisatrice pour définir les mesures à prendre qui ont rassuré les salariés. Nous avons distribué des masques, des lingettes, du gel hydroalcoolique. Nous avons aussi mis en place un soutien psychologique. Les bus sont désinfectés deux fois par jour. Les conducteurs sont conscients des dangers et consciencieux. Aujourd’hui, ils sont plutôt sereins quand ils viennent au travail. Nous leur avons demandé de ne plus porter de cravates car c’est un accessoire qu’on ne lave pas tous les jours ! Le côté positif de cette crise est que les équipes ont été capables de s’adapter rapidement à ce nouveau contexte. Nous avons réussi à faire  tourner le réseau.

 

MM : quel est l’impact financier du Covid-19 pour l’entreprise ?

LP : nous avons perdu 70 000€ de recettes commerciales par mois. Les frais de fonctionnement sont restés stables du fait de la baisse du coût et de consommation de carburant. Ces deux éléments compensent l’augmentation des coûts liés à l’achat d’équipement de protection et aux opérations de nettoyage.

 

 

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