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Jean-Christophe Gehin, DG Transdev Artois-Gohel

Propos recueillis le 2 avril 2020

 

Le réseau TADAO de Lens/Henin/Béthune assure aujourd’hui 25% des services de transport public et a mis en place un TAD pour les soignants. La crise sanitaire liée au Covid-19 va freiner l’élan de progression de la fréquentation. En un an, celle-ci avait bondi de 20%. Explications de Jean-Christophe Gehin, directeur général de Transdev Artois-Gohel.

 

 

Mobilités magazine : comment l’offre du réseau TADAO a-t-elle été organisée ?

Jean-Christophe Gehin : nous avons commencé à la réduire dès que les écoles ont été fermées. Cela s’est traduit par la suspension des services scolaires et la réduction progressive des fréquences sur les lignes régulières. Au moment du confinement, nous avons mis en place une offre équivalente à 40%. Depuis le 30 mars, nous assurons 25% des services. Ils fonctionnent avec une fréquence de 30 min de 6h à 19h pour les lignes principales. Pour les moins structurantes, nous avons maintenu une desserte le matin, à midi et le soir. Nous avons enregistré une baisse de la fréquentation d’au moins 95%. En temps normal nous transportons 60 000 personnes par jour.

 

MM : avez-vous organisé des services spéciaux pour les soignants ?

JCG : depuis le 3 avril, nous leur proposons un transport à la demande. Pour l’organiser, nous avions recensés avec les hôpitaux de l’agglomération les besoins de transport. Ce service a été confié à nos deux sous-traitants qui opèrent le TAD en temps normal. Les réservations sont prises en charge par la centrale TADAO. 

 

MM : comment vous êtes-vous organisés en interne ?

JCG : le réseau TADAO sous-traite 40% de son activité à sept entreprises sous-traitantes. Celles-ci sont très impactées car elles assurent beaucoup de services scolaires. Transdev Artois-Gohel emploie 520 salariés dont 370 conducteurs. Actuellement, un tiers du personnel est à l’arrêt pour raison médicale, garde d’enfant ou parce qu’ils ont pris des congés. Les salariés travaillent mais en activité partielle par roulement depuis la semaine dernière.

 

MM : avez-vous modifié l’organisation des services d’exploitation et de maintenance?

JCG : nous avons supprimé les relèves en ligne. Désormais, nous affectons un conducteur par bus tout au long de son service. Du fait de l’activité restreinte, cette nouvelle organisation a été assez facile à mettre en œuvre. Tous les agents de la maintenance sont sur le pont. Chaque jour, nous mobilisons 120 véhicules. C’est peu ou prou le même nombre de bus qu’en temps normal, mais ils sortent moins longtemps. Nous profitons de cette période pour effectuer toutes les opérations de maintenance préventive pour être prêts lorsque l’activité reprendra.

 

MM : quelle est l’ambiance au sein de l’entreprise ?

JCG : elle est très sérieuse et empreinte de gravité. Le personnel est consciencieux. L’inquiétude n’est pas particulièrement marquée vis-à-vis de la propagation du virus car les règles de sécurité (distanciation de 2m, gestes barrière) sont répétées depuis trois semaines et nous sommes attentifs à leur respect. Nous avons interdit les réunions et les rassemblements. Ce qui complique un peu l’organisation du travail. De plus, nous avons confiné les postes de conduite et distribué du gel hydro-alcoolique. Tous les salariés sont impliqués pour que le système fonctionne et sont solidaires les uns des autres.

 

MM : quel est le rôle du management ?

JCG : il est majeur. Nous avons de nombreuses demandes concernant des questions administratives, d’organisation du travail, de calcul des salaires. Ce sont des questions très pratiques liées à la vie de chacun. Par conséquent, nous devons apporter des réponses au cas par cas. Nous avons mis en place une Foire Aux Questions sur notre réseau extranet pour apporter un maximum d’informations. Deux fois par semaine, nous organisons une conférence téléphonique avec les managers de terrain pour qu’ils nous fassent part des interrogations des salariés.

 

MM : qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer à gérer dans cette crise ?

JCG : c’est une expérience inhabituelle. Ce qui est positif dans cette crise c’est que nous constatons que nous arrivons à faire face aux problèmes grâce à une organisation collective. Par contre, ce qui est un peu compliqué c’est la gestion à distance des relations sociales. Le télétravail n’est pas toujours agréable ni évident.

 

MM : comment envisagez-vous la sortie de cette crise ?

JCG : dès le départ, nous savions qu’il allait falloir remettre en route le réseau très rapidement. Lorsque les écoles rouvriront, nous n’aurons pas deux mois devant nous pour nous mettre en ordre de marche. Nous avons tenu compte de cette réalité dans notre organisation palliative actuelle. Nous discutons en permanence avec notre autorité organisatrice car les impacts financiers liés au Covid-19 seront multiples. Nous avons suffisamment de trésorerie pour tenir quelque mois, mais nous devons tenir compte que l’activité ne va pas reprendre du jour au lendemain. De plus, le secteur économique va souffrir, ce qui va impacter la mobilité. Or depuis un an, consécutivement à la mise en service du nouveau réseau, la fréquentation avait progressé de 20%. La crise sanitaire va partiellement briser cet élan.

 

 

 

 

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