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Bruno Guégan, directeur opérationnel Keolis Caen

Propos recueillis le 27 mars 2020

 

A Caen, le tramway et six lignes de bus fonctionnent sur la base d’horaires du dimanche améliorés. L’offre a été réduite de 75%, mais l’amplitude a été maintenue. Cette crise sanitaire engendre plusieurs problématiques comme la suspension des formations continues obligatoires pour les conducteurs. Interview de Bruno Guégan, directeur opérationnel de Keolis Caen.

 

 

Mobilités magazine : quand avez-vous commencé à modifier l’organisation de l’entreprise consécutivement au Covid-19 ?

Bruno Guégan : en interne nous avons informé les salariés sur les mesures d’hygiène à respecter mi février. Nous avons ensuite distribué du gel-hydroalcoolique et veillé à ce qu’il y ait  toujours du savon dans tous les terminus pour nos conducteurs. Nous avons aussi diffusé des messages dans les bus sur les gestes barrières, le respect de la distanciation sociale. Suite aux annonces d’Emmanuel Macron concernant la fermeture des établissements scolaires, nous avons activé une cellule de crise avec Caen La Mer pour décider du niveau d’offre. Les décisions ont dû être prises rapidement. Nous avons arrêté la vente à bord et la montée par la porte avant. Nous avons isolé le poste de conduite avec du Rubalise pour distancier nos conducteurs tout en leur permettant de garder le contact avec la clientèle.

 

MM : qu’est-ce qui a été décidé en matière de réduction de l’offre ?

BG : le 16 mars, nous l’avons réduite de moitié. Trois jours plus tard, nous sommes passés sur un plan de transport adapté avec 35% de services. Ce qui correspond à une offre du dimanche mais améliorée. Nous avons maintenu une amplitude de 5h30 à 0h30 sur les trois lignes de tram et sur six lignes de bus principales. Ce qui répond aux besoins des personnels soignants et des salariés de l’alimentation. Nous avons parallèlement privilégié l’affectation de véhicules articulés. Toutes les autres lignes de bus fonctionnent mais avec une fréquence moindre. Par contre, nous avons supprimé la navette de centre-ville et progressivement le service de transport à la demande.

 

MM : quelle est la situation en interne ?

BG : sur 500 conducteurs, 40% sont présents. Globalement, sur 700 salariés, 20% sont en arrêt pour garde d’enfant, 10% pour pathologie présentant un risque et 20% de personnes sont en chômage partiel. 7% du personnel administratif est en télétravail et 10 personnes sont au chômage partiel. Une proportion qui risque d’augmenter si nous avons un service minimum qui s’installe dans la durée. Nous aurons alors besoin de moins de personnel, tels que des agents en charge des plannings. Ce qui est essentiel c’est de garder son sang froid. Nous travaillons tous mains dans la main avec la collectivité et les organisations syndicales. Finalement nous avons une situation assez sereine dans l’entreprise. C’est appréciable. Dans ces moments-là, nous avons besoin d’être solidaires.

 

MM : quelle stratégie avez-vous déployée pour rassurer les salariés ?

BG : lors de la première semaine, nos managers sont allés sur le terrain pour discuter avec les conducteurs car il fallait les écouter et les rassurer. Nous avons réussi à nouer un dialogue social constructif, ce qui est décisif dans ces périodes de crise. Les représentants des organisations syndicales ont été équipés d’outils pour effectuer des visioconférences dont l’objectif est d’échanger des informations. Toute la difficulté d’une telle crise sanitaire est de communiquer sans faire paniquer tout le monde. C’est pourquoi nous choisi de prendre des mesures progressives tous les jours pour que les salariés prennent conscience des enjeux. Nous avons réservé des lieux de communication sur le Covid-19. Nous avons installé des panneaux pour les notes de service et d’information. Nous avons ouvert toutes les salles de réunion dédiées aux temps de pause. Les salariés ont pour consigne de n’y rentrer qu’à deux.

 

MM : qu’est-ce qui sera compliqué à gérer à l’issue du confinement ?

BG : nous savons que la reprise d’une activité normale sera longue. Nous allons rencontrer plusieurs problèmes. Le premier va concerner les conducteurs dont le permis de conduire ne sera plus valide. En effet, toutes les sessions de formation pour renouveler les FCO ont été suspendues. Par ailleurs, nous allons devoir passer des véhicules au contrôle technique. Nous avons un délai de 15 jours, mais nous ne savons pas quand prendra fin le confinement. Il va falloir gérer tout un ensemble de problématiques avant de revenir à un niveau d’offre qui soit efficient. Ensuite, il faudra mener des actions pour regagner la confiance des clients. Aujourd’hui la fréquentation a chuté de 95%. Nous réalisons entre 4 000 et  5000 voyages par jour, contre  80 000 à 90 000 en temps normal.

 

 

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