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Thomas Fontaine, Keolis Dijon

Keolis Dijon mobilités a réduit l’offre de transport public de 75%. Des services dédiés ont été mis en place pour les personnels soignants. Des réflexions sont en cours pour organiser la livraison de repas dans les centres hospitaliers avec du transport à la demande. Explications de Thomas Fontaine, directeur général de Keolis Dijon Mobilités.

 

 

Mobilités magazine : comment Keolis Dijon Mobilités s’est préparé pour assurer la continuité du service public de transport ?

Thomas Fontaine : quand on a vu pointer la crise sanitaire en Chine, nous étions en contact avec les équipes du réseau de Shanghai. Nous avons commencé à nous activer mi février, lorsque l’épidémie s’est développée en Italie. Nous savions qu’elle allait nous affecter. Le groupe Keolis a mis en place une cellule de crise pour l’ensemble de ses réseaux et nous nous sommes organisés en mode central de gestion de crise. Nous avons activé un plan de plan de continuité de l’activité (PCA) pour l’ensemble des mobilités que nous gérons à Dijon : tramway, bus, stationnement de surface et en ouvrage, location de vélo. Nous travaillons en lien avec la Police, les services de la ville au sein d’un PCC commun. Nous avons ensuite défini une équipe de management réduite et potentiellement substituable si la pandémie affecte l’entreprise. L’objectif est d’assurer l’activité en limitant les présences physiques et en assurant une rotation des personnes-clefs pour assurer le fonctionnement des fonctions support : exploitation, conduite, méthodes et planification, maintenance, systèmes d’information, communication, ressources humaines. Le service de sécurité a pris en charge la coordination du PCA.

 

MM : quelles ont été les étapes suivantes ?

TF : nous avons élaboré plusieurs scenarii portant sur la réduction de l’offre par pallier. Le 13 mars, nous avons réduit l’offre de 30%, suite à la fermeture des établissements scolaires. Au moment du confinement, nous l’avons encore réduite en deux étapes. Nous avons assuré la moitié des services pendant deux jours puis le 21 mars nous sommes passés à 30%. Nous avons conservé le réseau armature avec les 2 lignes tram et 5 Lianes. Nous avons aussi maintenu quelques autres lignes de bus qui complètent le maillage du réseau. C’est une offre qui permet aux soignants et aux agents des secteurs essentiels (logistique, énergie, alimentation) de se déplacer. Depuis le 26 mars, nous avons une offre-socle de 25%. Dans le tram, l’amplitude est de 6h à 22h30 et de 6h à 20h pour les bus.

 

MM : avez-vous instauré des services dédiés pour les soignants ?

TF : le 23 mars nous avons mis en place des navettes de bus spécifiques pour les soignants et un système de transport à la demande pour le personnel des Ehpad. Nous travaillons en permanence pour adapter l’offre à leurs besoins en matière d’horaires, de fréquences, de correspondances. Les personnes qui prennent aujourd’hui les transports publics sont des personnes-clefs dans la gestion de cette crise. Il faut donc leur garantir un service de haut niveau pour limiter leur temps de trajet. Nous sommes en train de préparer avec le CHU un service pour livrer des repas aux personnels soignants via le TAD.

 

MM : qu’a-t-il été décidé en matière de stationnement et de location de vélos

TF : nous ne verbalisons plus depuis le 16 mars. Nos équipes restent mobilisées avec la Métropole pour qu’il n’y ait pas de stationnement gênant ou impactant les services de secours et le réseau de transport public. Le service de VLS n’a pas été fermé, mais il est prioritairement réservé aux soignants. Nous étudions actuellement la possibilité de mettre ces VLS à leur disposition pour des durées plus longues.

 

MM : quels sont les impacts de cette épidémie sur la fréquentation ?

TF : la fréquentation du réseau urbain (48 millions de voyages en 2019) a été divisée par dix et celle des vélos par deux.  

 

MM : quelles mesures avez-vous mis en place pour protéger les salariés ?

TF : comme dans les autres réseaux, nous avons arrêté la vente à bord et la montée par l’avant. Nous ouvrons l’ensemble des portes aux arrêts et nettoyons de manière renforcée deux fois par jour les véhicules que nous désinfectons en plus. C’est également le cas pour les locaux et bâtiments et les espaces de stationnement. Le management est très présent auprès des équipes qui œuvrent au quotidien pour leur donner des infos sur la situation de la crise, rappeler les mesures de protection et comment identifier les premiers symptômes du Covid-19.

 

MM : combien de salariés sont encore sur pont ?

TF : nous avons un équilibre entre les prises de repos, le télétravail et le chômage partiel. Sur 800 salariés, entre 100 et 130 personnes sont sur le pont chaque jour par roulement. Dans le PCA, entre 450 et 480 personnes sont susceptible d’être mobilisées, mais nous sommes attentifs à limiter les services. C’est pourquoi nous avons augmenté le nombre de rotations

 

MM : vous projetez-vous dans l’après crise ?

TF : la priorité n°1 est de passer cette crise sanitaire au mieux. Ensuite il faudra se réorganiser pour être en capacité de relancer le système et répondre aux besoins de déplacement des habitants et des acteurs économiques de la métropole. A la levée du confinement, nous savons qu’il y aura une érosion de la clientèle. Il faudra du temps pour revenir à des niveaux de fréquentation normaux. Charge à nous de redonner envie aux habitants de redevenir mobiles.

 

MM : qu’est-ce qui est le plus dur à gérer dans une telle crise ?

TF : comme c’est une crise qui touche tout le monde et la santé des personnes, cela génère des situations d’angoisse chez nos personnels et nos clients. Ce qui nécessite de la part du management une présence pour rassurer à juste titre les salariés.  Autre point compliqué : c’est une crise en pallier qui nécessite de se remettre en question tous les jours.

 

 

 

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