Dernières actualités …

Christophe Silvestre, Lignes d’Azur

A Nice, l’offre du réseau Lignes d’Azur a été réduite de moitié. Le transporteur va prochainement instaurer deux services de transport à la demande : le premier pour les personnels soignants, le second pour les personnes devant se déplacer pour raison de santé ou motifs familiaux impérieux. Discussion avec Christophe Silvestre, directeur général de Lignes d’Azur.

 

 

Mobilités magazine : à partir de quand avez-vous commencé à modifier l’organisation interne de l’entreprise Lignes d’Azur ?

Christophe Silvestre : depuis le 13 mars, nous avons organisé une dizaine de réunions de crise pour définir le plan d’activité. Nous avons pris les premières mesures pour protéger les salariés et les voyageurs le 16 mars. Nous avons fermé les 5 agences commerciales et arrêté la vente à bord. Nos clients peuvent acheter des titres de transport auprès des dépositaires encore ouverts, par Internet ou NFC. Nous avons modifié les procédures de nettoyage des véhicules et des locaux. Nous avons transmis ces process à nos sous-traitants avec qui nous avons organisé un CHSCH extraordinaire. Les conducteurs ont reçu la consigne de relever les vitres anti-agression et nous ouvrons les portes des bus et des trams à chaque arrêt pour aérer les véhicules. Le 18 mars, nous avons mis au chômage partiel nos 22 médiateurs. Quelques jours après nous avons instauré une activité partielle pour les conducteurs, l’unité de sûreté/contrôle et les régulateurs du PCC. A partir de là, nous avons réduit l’offre de transport de 25% via une baisse des fréquences.

 

MM : comment sont aujourd’hui organisés les transports publics ?

CS : depuis le 25 mars, la moitié des services fonctionnent. Pour les organiser nous avons travaillé avec les hôpitaux, cliniques et centres de santé pour connaître les horaires de prise et de fin de services de leur personnel. Nous avons adapté notre offre en fonction de ces éléments. Nous sommes parfois en dérogation du couvre-feu instauré de 22h à 5h par le préfet des Alpes Maritimes. C’est le cas pour deux lignes de tramway (T1 et T2) qui circulent avec une fréquence de 10 min de 5h à 23h. Cinq lignes de bus disposent de cette amplitude mais avec une fréquence moindre. Plusieurs autres lignes de bus fonctionnent mais s’arrêtent plus tôt. Nous avons fait en sorte que suffisamment de véhicules circulent pour qu’il n’y ait pas un sentiment de confinement. Au total nous avons supprimé 37 lignes, dont T3. Une partie de ces suppressions seront compensées par du transport à la demande.

 

MM : à qui s’adresse ce service ?

CS : le premier s’adresse aux personnes devant se déplacer pour des raisons de santé ou pour des motifs familiaux impérieux. Il y a une volonté forte de pousser le confinement. C’est pourquoi le nombre de passagers sera limité à un par véhicule. Le second TAD est dédié au personnel soignant. Ce service fonctionnera dans les prochains jours 24h/24, 7jours/7. Il sera aussi en capacité de sortir du PTU pour aller chercher ou raccompagner chez lui un agent hospitalier qui habite en dehors de la Métropole. Pour organiser ce service nous allons nous appuyer sur les taxis niçois qui se sont portés volontaires.

 

MM : quels sont vos effectifs pour mettre en ouvre cette nouvelle offre ?

CS : sur 1554 salariés, 51 sont en arrêt pour garde d’enfants. 1029 sont en activité partielle par roulement, 123 en télétravail et 402 en activité. La Métropole a mis en place des systèmes de gardes d’enfants (réservés aux moins de 12 ans) pour nos agents, ceux de nos sous-traitants, des agents de sécurité et hospitaliers. Nous informons régulièrement nos salariés, nous leur expliquons pourquoi nous continuons à faire circuler des bus et des tramways car il y a des craintes et des inquiétudes. Ce qui est normal. Nous essayons de donner du sens à nos actions en rappelant notre mission de service public.

 

MM : avez-vous mesuré l’impact du confinement sur la fréquentation ?

CS : nous enregistrons entre 30 000 à 40 000 voyages par jour sur l’intégralité du réseau. En temps normal, la fréquentation s’établit autour de 300 000 validations par jour. Le trafic a chuté de 90% alors qu’il était en hausse de +10% sur les quatre derniers mois de 2019. Cette épidémie aura également un impact sur le versement mobilité. Nous allons mettre plusieurs mois pour retrouver le même niveau de fréquentation.

 

 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
J'aime !
Please reload

Please reload

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale