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Alain Hamon, groupe Le Vacon

24/03/2020

 

Alliant, comme beaucoup d’autocaristes, transport et voyages, Alain Hamon, Pdg du groupe Le Vacon, et à la tête de Visages du Monde (55 agences de voyages 70 000 clients par an) estime que les autocaristes devront bénéficier d’une compensation de revenus, comme les agriculteurs.

 

Mobilités Magazine :  groupe de transport et de tourisme quelles sont, pour vous, les sources d’inquiétudes et les urgences aujourd’hui ?

Alain Hamon : C’est la trésorerie de nos entreprises. Nos activités sont à zéro, c’est évident dans le tourisme, mais ce ne sont pas les quelques résidus de circulation sur lignes régulières et dans les villes qui change grand-chose dans le transport. C’est zéro activité. Donc nos entreprises ont demandé le gels de leurs remboursements bancaires. Partout ont aussi été adressées des demandes de chômage techniques. J’espère qu’elles seront acceptées. Parce que je constate qu’il existe par endroits des pressions, dans d’autres secteurs que le nôtre, comme le bâtiment, par certains préfets, pour qu’ils n’arrêtent pas de travailler. Donc cette trésorerie, c’est la priorité. Car si la plupart des entreprises peuvent payer un mois de salaire, voire deux, sans flux d’activité, elles ne pourront pas en payer trois. Les reports d’impôts et de cotisations sociales, c’est bien, mais il faudra plus que cela, il faudra des exonérations.

 

MM : Certes, il n’y a plus d’activité de transport mais certaines régions comme Provence-Alpes-Côte d’azur ont annoncé qu’elles garantiraient à leurs transporteurs 100% de leurs recettes, comme s’ils effectuaient leurs services.

AH : C’est ce qui est annoncé par certaines régions. Ce serait normal et ce devrait être général. Ce sont des sommes dont les budgets ont été adoptés. Il n’y a donc pas de raisons pour que les acomptes forfaitaires ne soient pas versés aux entreprises. Mais je ne suis pas sûr que ça va se passer finalement de cette façon. On parle de déduire de cette somme l’aide reçue par l’Etat au titre du chômage partiel. Ce que je ne trouverait pas illogique en soi. Mais des questions de décalages dans le temps entre les unes et les autres vont se poser. Non, ce qu’il nous faudrait, ce serait une compensation pour perte d’activité, comme il en existe en cas de catastrophe pour les agriculteurs. Parce que dans le tourisme par exemple, où 50 à 60% de l’activité se réalise en avril, mai et juin, nous ne subissons pas seulement l’annulation de toutes les réservations. Alors que nous étions partis pour vivre une année sans doute comme nous n’en avions pas connue avec une croissance de plus de 10%. Mais pour rapatrier nos clients, nous payons à nouveau les compagnies aériennes qui ne veulent pas les transporter, même s’ils ont leurs billets de retour, alors qu’elles n’ont même pas eu d’interdiction de vols. Le secteur fait tout ce qu’il doit faire pour les rapatrier. Tout cela va venir en moins, va peser sur les résultats et la distribution de dividendes.

 

MM :  Pour l’instant, dirriez-vous que les entreprises du transport routier de voyageurs tiennent le coup ?

AH : Pour le moment. A part quelques rares exceptions, dans notre réseau notamment, je ne constate pour l’instant pas de dépôts de bilan. Nous faisons le dos rond. J’espère que tout le monde va avoir les reins suffisamment solides pour traverser la crise. Mais ce qui est perdu est perdu. Et financer la reprise va coûter beaucoup d’argent. 

 

 

 

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