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Nantes, le covoitureur payé par les transports publics

03/01/2019

Les gilets jaunes sont passés par là. Nantes vient de présenter avec un an d’avance son dispositif de covoiturage. « Un changement de braquet », indique Johanna Rolland, la maire (PS) de la ville. « Pour faire de la voiture un transport collectif de demain », complète Bertrand Affilé, son vice-président aux déplacements et aux transports publics qui, joignant le geste à la parole, annonce que les clés du covoiturage nantais seront confiées à la société de transports publics.

 

C’est donc la Semitan (Société d’Economie Mixte de l’Agglomération Nantaise), qui lancera fin 2019, sous ses couleurs, une application sur smartphones par laquelle covoitureurs et covoiturés pourront se mettre en relation les uns avec les autres. Avantage décisif, elle rémunérera les covoitureurs.

« De quelle façon, à quelle hauteur, le choix n’est pas encore fait. Au kilomètre ou sur la base d’un kilométrage minimal par mois ? Mais c’est la Semitan qui le fera», indique Olivier Le Grontec, nouveau directeur général de l’entreprise.

 

 

Cette carotte, il semblait impossible aux responsables nantais du transport public, de ne pas la prévoir s’ils voulaient donner de l’ampleur à ce qu’ils veulent voir devenir un « BlaBlaCar sur courte distance ». Quant aux covoitureurs, la formule nantaise du tout intégré aux transports publics, prévoit de leur demander de payer la course au moins 2€, la même somme que s’ils prenaient un ticket en montant dans un bus de la ville. Elle sera moins cher s’ils détiennent une carte des transports publics nantais, et coûtera 1,49€ par voyage s’ils ont souscrit à celle réservée aux utilisateurs occasionnels. Avantage collatéral, ces détenteurs de carte profiteront de l’accès gratuit aux parkings-relais qui leur est accordé.

 

Pour le covoiturage à plus longue distance que le bassin de vie naturel de la métropole nantaise, Nantes a adhéré à la plateforme associative Ouest-Go qui revendique 41 000 abonnés et compte un grand nombre de collectivités locales parmi ses adhérents dans l’Ouest. « Nous, nous travaillons sur la constitution de communautés de co-voiturage, à lever les freins psycho-sociaux à son développement », explique Albane Durand, sa directrice générale.

 

La ville espère de plus, libérer pour le covoiturage, une voie sur quatre grands axes d’accès à son centre-ville au Nord, au Sud, à l’Est et à l’Ouest. « L’étude sera lancée en 2019. Nous sommes en discussion avec l’Etat pour cela », indique Bertrand Affilé.

 

D’ici 2030, grâce à toutes ces dispositions, Nantes espère que chaque voiture sur son territoire ne transportera plus seulement 1,27 passager mais 1,52. Le covoiturage assurerait ainsi 14% des déplacements, contre 12% aujourd’hui. Ce sont les objectifs du plan de déplacements urbains 2018-2027 qu’elle vient d’adopter.

 

Pour inciter les Nantais à ce covoiturage, la ville communique sur la place disponible, aujourd’hui dans les voitures qui circulent à chaque heure de pointe : 300 000. L’équivalent de 1200 tramway, explique-t-elle. Mais tout cela suffira-t-il ?

 

Une récente étude de l’agence d’urbanisme locale vient d’annoncer que la congestion automobile s’est brusquement aggravée depuis 2017 : on met 75% de temps en plus pour rejoindre le centre-ville aux heures de pointe, à cause de la circulation. Une proportion qui devrait augmenter encore. Et les premiers effets du covoiturage organisé ne sont attendus qu’en 2021.

 

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