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La FNAUT précise ses positions

21/11/2018

Interpellée par la rédaction de Mobilités Magazine sur ses prises de position lors des derniers débats qui animent l’univers des transports collectifs, la FNAUT a souhaité préciser la nature des réflexions qu’elle mène, notamment sur la gratuité des transports et sur la taxation écologique des carburants. Soucieux du pluralisme des opinions exprimées, la rédaction donne donc la parole à Jean Sivardière, vice-président de la FNAUT.

 

« Les promoteurs de la gratuité poursuivent quatre objectifs : accroître la fréquentation des bus, assurer la mobilité des ménages modestes, réduire le trafic automobile, redynamiser le centre-ville. Mais la gratuité est inutile : 

- une tarification solidaire, indexée comme à Strasbourg sur le quotient familial, est adaptable aux moyens financiers de chaque usager, elle peut impliquer la gratuité pour les personnes sans ressources ; 

- seules les mesures de restriction du trafic individuel peuvent inciter l'automobiliste à changer de comportement, la gratuité n'attire qu'un nombre marginal d'automobilistes (à Châteauroux, la part modale de la voiture est passée de 70 % à… 69 %) ; 

- par suite, le cadre de vie des centres évolue peu ; pour revitaliser les centres, il serait plus efficace de bloquer l’extension des commerces et services périphériques, et de limiter l'offre de stationnement central.

La FNAUT reconnaît volontiers que la gratuité présente des avantages à court terme, encore que la croissance de la fréquentation ne doive pas faire illusion, la fréquentation initiale étant généralement très faible. 

Mais à plus long terme, la gratuité peut mener droit à la paupérisation du transport public, privé des recettes des usagers. Diverses grandes villes (Bologne, Castellon de la Plana, Hasselt, Sheffield, Seattle) ont abandonné la gratuité au bout de quelques années en raison de son coût excessif, et ont concentré leurs efforts sur l’investissement et le renforcement de l’offre. Bologne dispose aujourd’hui d’un remarquable réseau de transport urbain et périurbain qui n’aurait jamais vu le jour si la gratuité avait été pérennisée ».

 

…/…

 

« La FNAUT est une association strictement indépendante politiquement et réagit au cas par cas aux décisions du gouvernement. Si elle défend la limitation à 80 km/h de la vitesse autorisée sur les routes secondaires, c'est parce qu'elle estime que cette mesure permettra de réduire l'accidentologie routière. Et si aujourd'hui elle soutient le gouvernement quand il maintient la hausse des taxes sur les carburants automobiles, ce n'est pas par souci partisan ou hostilité aux automobilistes, mais parce que ce maintien permettra de réduire la dépendance pétrolière de notre pays, la pollution de l'air et nos émissions de gaz à effet de serre. 

Il arrive aussi que la FNAUT critique le gouvernement. Elle considère par exemple, contrairement à la ministre des Transports, qu'il est possible de développer les transports collectifs, train et car, à un coût raisonnable y compris dans les territoires périurbains et ruraux. Et elle dénonce le fait que seule une faible part des recettes fiscales provenant de la TICPE soit consacrée aux investissements de mobilité durable ».

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