TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale

Dernières actualités …

« Petite » ligne en jeu près du Mans

25/10/2018

C’est un test pour le gouvernement : combien déboursera-t-il pour l’entretien de la première « petite ligne » qui lui est soumise depuis que le rapport Spinetta les avaient mises à l’index ? Caen-Le Mans-Tours n’en a pas, a priori, les caractéristiques. C’est une Intercités dont Manuel Valls, alors Premier ministre, a abandonné en avril 2016 la « gouvernance » à la Normandie. Mais elle entre pourtant dans cette catégorie.

 

Une ligne essentiellement parcourue par des trains X 72 500, de qualité même s’ils sont bruyants (Photo Région Pays de la Loire)

 

 

 

Eviter que les rails s’écartent

 

La ligne traverse en effet trois Régions à leurs confins : la Normandie, les Pays de la Loire, le Centre-Val-de-Loire. Une belle rocade de la Région Parisienne entre ses trois villes-phares. 329 000 passagers par exemple l’an dernier entre Alençon et Le Mans, 10% de plus qu’en 2016. Mais elle est malade. La SNCF l’a ralentie parfois à 60 km/h au lieu de 140 km/h entre Alençon et Le Mans. « Il nous faut 3 millions de travaux d’urgence pour que les trains puissent simplement continuer de rouler, explique Jean-Baptiste Gatinne, le vice-président Transports de Normandie. Les traverses sont à solidifier par des sortes de tuteurs pour éviter que les rails nes’écartent. Une autre réfection, plus importante de 91 millions d’euros s’impose à court terme. La SNCF l’a prévue pour 2021».

 

 

Dans les compensations à l’abandon de Notre-Dame-des-Landes

 

Le financement des travaux est en discussion avec l’Etat. Christelle Morançais, la présidente (LR) des Pays de la Loire négocie. La voie malade se trouve sur son territoire. Edouard Philippe, le Premier ministre a promis un bouclage du dossier l’an prochain. A Nantes, elle vient de se faire reprocher par son opposition socialiste et verte de ne pas préfinancer ces travaux à la place de l’Etat pour répondre à l’urgence de la situation. « Initiative risquée tant qu’aucune convention de financement n’est encore signée avec l’Etat », estime Jean-Baptiste Gatinne. Comment à financer seules, les trois régions obtiendraient-elles ensuite un geste de l’Etat. En sachant que SNCF Réseau ne finance au maximum qu’à 8,5% sur ce genre de lignes. Le résultat des discussions va être observé par toutes les Régions confrontées au piètre état de leur « petits lignes ».

 

Même si Christelle Morançais se trouve peut-être dans une situation plus favorable pour négocier. Elle a inscrit ces travaux, comme tous ses projets d’infrastructures ferroviaires, parmi les compensations à l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

 

 

Revoir les arrêts

 

Ensuite, la Normandie va « prendre la place du pilote que l’Etat ne tenait plus », selon Jean-Baptiste Gatinne, pour relancer la liaison. La FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports) réclame un 4e aller-retour quotidien, de meilleures correspondances avec les TER des trois régions traversées. Jean-Baptiste Gatinne ne la rejoint pas tout à fait. « La question n’est pas de créer une 4 ème circulation, sur cette ligne, il faut rationnaliser. Il y a trop de services de types différents offerts sur son parcours, une politique d’arrêts trop nombreux. Nous allons créer une offre ferroviaire cohérente et visible ».

 

Cette politique s’élabore entre les trois régions « qui collaborent bien ensemble ». Elles le feront encore plus librement à partir du 1er janvier 2020, le jour où, selon l’accord signé avec Manuel Valls, l’Etat abandonnera définitivement sa position de 4e autorité organisatrice de la ligne. 

 

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Partager sur Linkedin
J'aime !
Please reload

Please reload