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La mobilité électrique face à ses lenteurs

25/06/2018

Il faudra du temps et des compromis politiques et technologiques pour convertir à l’électricité et à grande échelle la voiture, le bus, le bateau, le train voire l’avion. C’est une des conclusions du 2e congrès Electric-Road dans les « territoires » qui s’est tenu à Nantes, les 18 et 19 juin et a examiné les conséquences de ce choix.

 

Installer de la fluidité entre les acteurs de la mobilité électrique, mission que s’est donnée Jean-Patrick Teyssaire, le fondateur des Electric-Road, n’a rien de superflu. On l’a constaté pendant ces deux jours à Nantes qui examinaient les conséquences du choix de l’électricité. « On nous met le miroir de la réalité devant les yeux », explique Gerard Feltzer, l’ex-pilote de ligne, proche de Nicolas Hulot, consultant en mobilité du futur.

 

Première réalité politique : l’électromobilité a gagné dans les têtes. C’est ce vers quoi le monde doit tendre. « Le moteur électrique fait consensus », souligne Jean-Patrick Teyssaire. Sa simplicité, son rendement. Mais, seconde réalité : l’unanimité s’arrête dès qu’il s’agit de le généraliser. « La mobilité électrique ce n’est pas le sujet du monde. Si l’on cherche à réduire le véhicule à propulsion thermique, on n’aura que des villes à bobos », lance benoîtement Loïc Le Floch-Prigent, ancien président d’EDF. 

 

Pour lui le moteur à propulsion thermique a d’autant plus d’avenir, pour de longues années encore, qu’il ne voit pas le prix du pétrole augmenter pendant encore longtemps. Et que le scooter thermique ou la voiture thermique sont déjà la solution dans nombre de pays à forte population.

 

Ainsi, pendant encore très longtemps, même la voiture électrique, sera « du charbon en Chine, du nucléaire en France ». Pendant longtemps encore « une voiture électrique en Allemagne ou en Pologne sera globalement plus polluante qu’une voiture Diesel, parce qu’il faudra lui fournir de l’électricité ». « Le problème de la mobilité, c’est qu’elle consomme de l’énergie », constate Jean-Pierre Corniou, de chez Sia Partners. Or l’énergie est loin d’être décarbonée. 

 

La mobilité thermique, c’est encore 95% de la mobilité de la planète. « Ces questions recèlent une formidable inertie. Pour parler clair, le monde entier se fout des innovations que l’on peut apporter dans nos modes de propulsion. Elles nécessiteraient un formidable effort d’éducation aux questions de l’énergie et de la mobilité, constate Jean-Pierre Corniou. Et encore là ! Un exemple : l’Etat aurait tout de même un problème d’éthique s’il subventionnait les 24 000 privilégiés qui roulent en voiture électrique en France alors que 66 millions (il y a 35 millions de voitures) roulent à l’essence ou au gazole ».

 

La boussole de l’avenir dirige alors le monde vers des « petits pas » en dépit des constats alarmants. Comme l’allègement des véhicules. « Une voiture de 2,4 tonnes pour transporter 80 kg d’humain. C’est pourquoi nous avons construit la BMW i au carbone, de 1,2 tonne », glisse le représentant du constructeur allemand. 

 

Autre solution qui se présente comme intermédiaire : l’hydrogène. Une incontournable du congrès quelques jours après l’annonce par Nicolas Hulot du plan hydrogène français. « Un train pour la fin du quinquennat, voilà qui va nous poser de nombreux problèmes mais l’intérêt que nous avions pour lui est relancé », explique Frédéric Chauvet, chef du projet hydrogène à la SNCF. La SNCF qui est en train de signer des contrats, d’une part avec un constructeur, d’autre part avec trois régions françaises qui en testeront l’« écosystème » notamment avec toutes les autres de formes de mobilité, notamment électriques à l’abord des gares. 

 

Elles veulent en tirer des économies pour exploiter leur TER, en particulier au-delà des réseaux électrifiés et sur leurs « petites lignes ». « L’hydrogène, c’est une dynamique venue des territoires et qui agrège tous les systèmes de mobilité », explique Bertrand Chauvet, spécialiste de la pile à combustible et de l’énergie hydrogène. Elle semble dessiner un chemin vers une électromobilité au moins un peu décarbonée.

Jean-Patrick Teyssaire, président du congrès Electro-Road : « Le moteur électrique a gagné. Mais ce n’est encore que dans les têtes ».

 

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