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Une « après-grève » doublement risquée

Alors que le 15 juin 2018 le Sénat approuvait la version définitive du Pacte ferroviaire gouvernemental, et que la grève à la SNCF semble aller vers son achèvement, ou plutôt son effilochement, c’est un autre type d’affrontement qui pourrait se profiler. Cette fois tant interne à la SNCF qu’étendue à l’ensemble du secteur ferroviaire. 

 

Le premier concerne la négociation entre les syndicats de cheminots et l’UTP (Union des Transports Publics) pour la conclusion d’une Convention collective du secteur ferroviaire qui est à finaliser d’ici fin 2019.

 

Alors que seul le quart du texte reste encore à négocier, cette dernière partie présente pourtant le risque - pour les deux camps -  d’apparaître comme un « round final » confirmant une victoire ou, inversement, comme la possibilité de « revanche » d’un échec. 

 

Côté syndical, la tentation reste forte de faire passer dans la convention générale le maximum d’éléments qui pourraient s’apparenter à récupérer ce statut cheminot tant décrié et désormais destiné à progressivement disparaître. 

 

 

Côté patronat, en phase complète avec le gouvernement, on voudrait privilégier essentiellement la conclusion d’accords d’entreprises avec des organisations syndicales dont les périmètres d’intervention seraient cantonnés dans ces mêmes limites, on freine donc des quatre fers dans ce domaine statutaire. 

 

Le 14 juin, à l’occasion d’un débat sur l’ouverture des TER à la concurrence qui se tenait durant le Salon des Transports Publics, Thierry Mallet, président de l’UTP s’est même élevé, sur le risque de voir surgir partout « des petites SNCF» ! 

 

À l’intérieur de la SNCF elle-même, l’après-grève se révèle tout autant génératrice de risques. Outre la classique « démoralisation des troupes » côté syndical, l’unité de l’entreprise  risque de s’en trouver affectée avec un encadrement démotivé, des repères chamboulés et une identité cheminote profondément mise à mal. On peut par ailleurs craindre un vrai risque de conflit générationnel, déjà perceptible durant le conflit avec la détermination de nombreux jeunes cheminots la plupart non syndiqués voulant en découdre au delà des règles classiques. 

 

Conflit générationnel qui se nourrirait de la nouvelle multiplicité des situations légales dans la même communauté de travail SNCF, entre cheminots sous statut, contractuels et nouveaux embauchés. Chacun bénéficiant d’avantages inégaux en dépit de contraintes professionnelles communes…

 

S’ajoute un autre front social d’envergure qui va rapidement s’ouvrir y compris à la SNCF. Cette fois toujours à l’initiative du gouvernement, avec le lancement de la réforme des retraites. 

 

En voulant unifier l’ensemble des droits sur la base d’un nouveau système à points, elle a parallèlement l’ambition de viser la liquidation des divers « régimes spéciaux » existants. Parmi lesquels figure celui des cheminots. L’un de ces « trucs qui coûtent un pognon fou », selon l’expression désormais popularisée au plus haut niveau de l’État…

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