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Volonté " thatchérienne " et grève " identitaire " ?

Les stratégies qui se mettent en place dans l’affrontement à venir entre syndicats cheminots et gouvernement ne sont pas classiques. Il en est de même de leurs enjeux qui, de part et d’autre, semblent se situer bien au-delà de la seule réforme ferroviaire.

 

Côté gouvernement, il s’agit plus globalement de démontrer sa force de mise en œuvre des réformes jugées emblématiques et de s’aligner sur les standards européens, quitte à engager une véritable bataille, comparable, mais près de quatre décennies plus tard, à celle de Margaret Thatcher face aux mineurs britanniques. Une Bataille du rail qui se place ici à l’opposé d’un « récit national » tant célébré…

 

Côté syndicats, cette bataille devient identitaire, le statut des cheminots restant le seul ciment qui soude le cœur de l’entreprise. En dépit des cheminots hors statut qui totalise 8 à 10% des effectifs, et des dizaines de milliers d’emplois « hors rail » des filiales logistiques et routières du groupe. Une situation complexe à laquelle s’ajoutent des divisions syndicales menant cette « grève perlée » de deux jours par semaine durant deux mois. De quoi d’emblée mettre à l’épreuve une direction SNCF qui devra ici démontrer « à chaud » ses compétences de gestion, pourtant exigées par la réforme !

 

Dans la bataille qui s’engage, les voyageurs sont le troisième acteur qui, comme les chargeurs côté fret, seront in fine les principaux concernés. D’ores et déjà, la FNAUT, qui rappelle sa position favorable à l’ouverture à la concurrence,  dénonce les « grèves à répétition qui vont pénaliser gravement les voyageurs et desservir les intérêts du rail, et inciter voyageurs et à se tourner vers les modes de transports concurrents ».

 

Aussi, « elle attend du gouvernement et des syndicats qu’ils engagent de véritables négociations afin de limiter la durée des grèves et la gêne insupportable qu’elles entraînent pour les voyageurs ».

 

La possibilité d’une double « stratégie du pire » pourrait se profiler. Les syndicats cheminots espérant une réédition du conflit de 1995 qui avait fait plier le gouvernement d’alors, et celui d’Edouard Philippe rêvant d’une victoire ferroviaire qui permettrait l’accélération de ses réformes…

 

 La manifestation du 23 octobre 2012 à Paris contre la réforme des retraites des cheminots.

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