Sète se lance dans l’ électrique 

Christine Cabiron

Sète Agglopôle Méditerranée (SAM) a mis en service une ligne de bus 100% électrique le 28 janvier 2018. Accessible gratuitement, celle-ci relie un parking de la gare au centre-ville. Objectif : réduire l’usage de la voiture. C’est également le but visé par la construction de deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS).

Depuis 2015, date de renouvellement du contrat de délégation de service public, attribué à CarPostal, le budget accordé aux transports publics de Sète Agglopôle Méditerranée (SAM) n’a cessé d’augmenter. Une première fois en janvier 2016 lors du déploiement d’une nouvelle offre de transport, puis en janvier 2018 suite à l’extension du périmètre de transport urbain à 14 communes. Un territoire qui regroupe une population de 125 000 habitants. « En trois ans, nous avons augmenté la contribution de l’agglomération de plus de trois millions d’euros », rappelle Norbert Chaplin, vice-président de l’agglomération en charge de la mobilité. Aujourd’hui, CarPostal dispose d’un budget de 8,5 millions d’euros pour opérer 22 lignes, dont cinq ont été créées en en ce début d’année. « Notre objectif est qu’un maximum de personnes prennent les transports en commun pour éviter de saturer le centre de Sète avec des voitures ». C’est notamment pour cette raison que les élus sétois ont décidé de créer en 2016 une ligne organisée entre la gare légèrement excentrée, et le centre-ville. Celle-ci, dont l’accès est gratuit, transporte entre 75 000 et 100 000 voyageurs par an. Depuis le 28 janvier 2018, elle est exploitée avec deux bus électriques, construits par Solaris. Ce choix s’inscrit dans l’engagement de l’agglomération à travers la démarche « territoire à énergie positive pour la croissance verte », lancée par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Dans ce cadre-là, Sète Agglopôle Méditerranée s’est fixée comme objectif de réduire de 9% les émissions de CO2.

 

1,2 million d’euros d’investissement

Au regard de l’autonomie annoncée par le constructeur (160 km/jour), cette ligne aurait pu être exploitée avec un véhicule, puisque les services cumulés représentent une distance 150 km. « En fait, l’autonomie réelle se situe entre 90 et 100 km ». D’où l’achat de deux bus. Une opération chiffrée à 1,2 million d’euros, subventionnée à hauteur de 500 000 euros par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe). « Cette aide nous a permis de franchir le pas car comparé à un véhicule thermique, un bus électrique est deux fois plus cher ». Cet élément financier fait que pour l’instant les élus de Sète Agglopôle Méditerranée n’envisagent pas de « basculer » l’ensemble des 45 bus qui composent le parc vers cette motorisation. « Ce ne serait ni raisonnable, ni réaliste car il faudrait acheter le double de véhicules pour assurer les services », souligne Norbert Chaplin. « Cette technologie n’est pas encore totalement aboutie. Il y a encore des problèmes avec le recyclage des batteries. De plus, il faut trouver des systèmes de rechargement qui ne plongent pas tout Sète dans le noir ! ».

Autre problème : la configuration de cette ville construite autour du Mont Saint Clair, avec des rues à forte déclivité, n’est pas adaptée aux motorisations électriques. Par ailleurs, les lignes desservant les autres communes de l’agglo sont en majorité très longues, nécessitant beaucoup d’autonomie.

 

Deux bus à haut niveau de service en projet

Il n’empêche que cette collectivité souhaite réduire l’usage de la voiture. Pour cela, deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) sont à l’étude. La première sera interne à Sète. Elle reliera la gare (en cours de transformation en pôle d’échanges multimodal), le centre-ville, l’hôpital et les plages. « Dans ce secteur, nous envisageons de construire un site propre central, du type du Chronobus nantais en raison des contraintes de voirie ». La seconde ligne devrait être aménagée sur la RD2 entre Balaruc-le-Vieux et la gare de Sète. Chacun de ces projets a été estimé entre 17 et 18 millions d’euros. Les premiers travaux sont programmés pour fin 2019. Ces deux BHNS seront l’occasion de faire la part belle aux cyclistes. En effet, il a été prévu de réaliser autour de ces deux lignes des aménagements visant à faciliter la pratique du vélo. Un autre mode que les élus sétois souhaitent promouvoir. C’est notamment le cas à travers l’aide à l’achat d’un vélo à assistance électrique. Une aide plafonnée à 200 euros, correspondant à 25% du prix du vélo. « Cent cinquante personnes bénéficient de cette mesure chaque année ». En 2018, ce coup de pouce s’étendra aux trottinettes électriques.

 

Des navettes sur l’Etang de Thau ?

Les élus de Sète Agglopôle Méditerranée étudient également la création de navettes maritimes sur l’étang de Thau. L’idée : mieux relier les villes de Mèze et de Balaruc-le-Vieux à Sète. «Nous nous heurtons à des contraintes techniques règlementaires». Pour résumer, il faudrait concevoir un bateau qui puisse à la fois naviguer sur la lagune et sur les canaux sétois dont les ponts sont très bas.  « Si les potentiels de fréquentation ne sont pas très importants, ils existent bel et bien. C’est pourquoi nous souhaitons mener une expérimentation», explique Norbert Chaplin. «Quand Marseille a lancé ses navettes maritimes, il n’y avait pas grand monde au début. Aujourd’hui, ce service est entré dans les habitudes de déplacement ».

 

 

Aller au marché en bateau

A Sète aussi. Du moins de mai à septembre, période pendant laquelle la collectivité finance des navettes maritimes reliant la gare au centre-ville. Ce service fonctionne uniquement le mercredi matin pour permettre aux personnes de se rendre au marché. «Nous démarrons la saison avec deux bateaux pour atteindre six en plein été ». En 2017, plus de 45 000 voyageurs ont utilisé ce mode de déplacement pour se rendre au centre-ville. Et ce gratuitement. Ce qui représente pour l’agglo un coût annuel de fonctionnement qui oscille entre 115 000 et 130 000 euros. « La gratuité est un levier pour que les visiteurs laissent leur voiture à l’entrée de Sète. Pour autant, il n’est pas question de généraliser cette mesure à l’ensemble du réseau urbain ». Celui-ci a transporté 2,7 millions de voyageurs en 2017. Année où il comptait 17 lignes. « La fréquentation est en hausse constante depuis 2015. Chaque année, nous comptons entre 150 000 et 200 000 voyageurs supplémentaires », affirme le vice-président en charge de la mobilité. Dans ce contexte, pas question de faire l’impasse sur les recettes commerciales qui se sont chiffrées à 1,5 million d’euros en 2017.

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

contacts

Pierre Cossard, éditeur

Laurence Fournet, directrice commerciale