Serkan Uzunay,    

Président de TEMSA France .

Temsa France,

3e filiale export

Face à la liquidation de son importateur sur le marché français, Dietrich Carebus, fin 2019, le constructeur turc Temsa s’est porté acquéreur d’une partie de DCG, et a créé Temsa France. Rencontre avec Serkan Uzunay, président de cette nouvelle filiale.

07/01/2020 - Propos recueillis par Jean-Philippe Pastre

Mobilités Magazine : Pouvez-vous vous présenter ?

Serkan Uzunay : J'ai passé 17 ans dans l'industrie, et plus particulièrement dans l'industrie automobile. J'ai commencé chez Ford en Turquie (Ford Otosan est une de filiales majeures du groupe Ford dans le monde. NDLR) puis intègre Volkswagen en Turquie avec les responsabilités dans le domaine du service après-vente puis du marketing. A la suite de cette expérience, j'ai rejoint Volkswagen A.G à Wolfsburg puis ai été missionné en Russie, à Moscou, toujours pour le groupe. De retour en Turquie, j'ai supervisé l'ensemble des réseaux du groupe Volkswagen Audi, Seat, Skoda, Volkswagen). Je suis devenu par la suite Directeur du marketing chez Temsa et récemment nommé président de la filiale Temsa France.  

MM : La création d'une filiale en France est-elle liée à l'importance de notre marché en volume ?

SU : Temsa France est une des filiales de Temsa, comme Temsa North America ou la filiale allemande. Temsa exporte dans 66 pays du monde mais il n'y a que 3 filiales à l'export. Nous avons des importateurs importants en Italie et au Royaume-Uni. Mon arrivée à Ingwiller en novembre 2019 coïncide avec le démarrage des activités de Temsa France. Pour Temsa il y a 8 marchés clefs, c'est-à-dire représentant des volumes importants : la Turquie bien sûr où nous sommes n°1 avec plus de 30% de part de marché, mais en dehors de notre marché domestique à l'export il y a les Etats-Unis d'Amérique, la France, l'Italie le Royaume-Uni, l'Allemagne Fédérale, la Pologne, l’Espagne et l’Autriche. Ce sont, globalement des marchés qui avoisinent ou dépassent les 5000 unités annuelles. Pour les Etats-Unis d'Amérique, notre engagement direct est lié à la volonté d'améliorer le service après-vente et la relation clientèle qui laissaient à désirer avec le précédent mode de distribution. Notre gamme y est différente de celle vendue en Europe.  

MM : Cette création est-elle liée aux difficultés de votre importateur historique DCG ?

SU : Dès mars 2019, quand nous avons appris les difficultés de DCG, nous avons suivi attentivement la situation. Il y a plus de 5000 véhicules Temsa en France en circulation. On ne pouvait pas entacher notre bonne réputation en abandonnant nos clients. La décision a été prise de reprendre l'activité, ce qui est effectif depuis le 1er novembre 2019 avec deux sites, Mitry-Mory et Ingwiller (les deux sites historiques de DCG, NDLR). Cela représente 54 salariés directement repris de Dietrich Carebus Group. L'activité porte exclusivement sur Temsa. Lors de la liquidation, nous avons fait une proposition d'offre aux mandataires judiciaires lesquels ont accordé une priorité à l'emploi et à la reprise des salariés de DCG.  C'est la nouvelle entité Temsa France SAS qui a fait cette offre de reprise s'inscrivant dans la continuité du travail effectué.

 

MM : Autrefois, DCG choisissait certains produits dans les gammes des constructeurs qu'il représentait. Ainsi il ne fut jamais envisagé par DCG d'importer le Temsa Avenue électrique. Est-ce que cela va changer ?

SU : Oui. Tout le portfolio Temsa est désormais disponible en France. Nous disposons de 3 autobus électriques dans la gamme et nous procédons actuellement aux adaptations et homologations pour le marché français. L'électrique est une part de la stratégie développée par le gouvernement français en matière de transport public, c'est même un pays très volontariste sur ce sujet. Il y aura donc le Temsa Avenue Electron, tant à batteries qu'avec une version à recharge par pantographe (en cours de développement) et le MD9 electriCITY. Ce Temsa MD9 electriCITY a déjà fait l'objet de ventes en Suède. Ce sont des produits immédiatement disponibles. 

 

MM : Quels sont les modèles iconiques de Temsa pour la France ?

SU : Nous avons deux best-sellers : le Temsa HD et le Temsa LD dans ses deux versions incluant le LD-SB (pour School Bus). Mais notre gamme comprend des modèles moins connus : ainsi le MD9 et le MD7. Le MD9 est très apprécié partout dans le monde. C'est un véritable autocar, très maniable, et à ce titre apprécié pour effectuer des missions dans les centre-ville. Nous souhaitons également faire connaître le porte-drapeau de Temsa: l'autocar de grand tourisme Maraton. Cela pourrait être un modèle important pour le marché France, du fait de son contenu technologique. 

MM : Quelles sont les priorités pour Temsa France depuis la reprise des activités de DCG ?

SU : Nous tenons tout d'abord à remercier nos clients fidèles pour leur patience lors de cette période difficile. Nous sommes très heureux d'avoir pu déjà réaliser 100 prises de commandes depuis la reprise de l'activité Temsa en France. On va continuer à offrir l'ensemble des services de ventes de véhicules neufs, d'occasion, les pièces de rechange. Toutefois, nous ne sommes pas dans une course aux volumes de ventes. Sur nos 10 vendeurs, certains sont en support pour l'avant-vente et d'autres sur le terrain. Notre priorité c'est le service après-vente et la fourniture des pièces de rechange. Nous avons racheté le stock des pièces Temsa qui étaient chez DCG pour éviter toute rupture d'approvisionnement. Mais ce sujet est au cœur de mes préoccupations : on veut accroître la disponibilité des pièces de rechange. L'objectif est de créer une relation à long terme avec nos clients en France, mais aussi avec les médias et les prospects. 

MM : A ce sujet, allez-vous participer au salon Autocar Expo en 2020 ?

SU : On discute en ce moment même de notre participation à Autocar Expo. On veut être plus proches de tous les partenaires de Temsa en France, y compris les partenaires bancaires.

TG Press9 rue du Gué - 92500 - Rueil-Malmaison

 

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