• Pierre Cossard

Vers le retour du train de nuit Paris-Aurillac


train Paris Aurillac

24/01/2022 - Le 14 janvier 2022, dans un courrier officiel adressé aux élus locaux et départementaux du Cantal, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la relance de la relation de nuit Paris-Austerlitz-Aurillac... dans le cadre du Plan de relance !


Un retour qui serait organisé « d’ici à deux ans », donc en décembre 2023, à l’entrée en vigueur de l’horaire 2023-2024, a précisé le Préfet du Cantal en écho à cette déclaration.


Avec trois voitures (une voiture-couchettes de première classe, une voiture-couchettes de seconde classe et une voiture places assises de seconde classe, soit 170 places au total.


Ces voitures pour Aurillac seraient inclues dans la tranche Paris-Rodez de la relation nocturne existante Paris-Toulouse/Rodez, et détachées comme les voitures de Rodez à Brive-la-Gaillarde, elles emprunteraient l’itinéraire Brive son jojr-Saint-Denis-près-Martel-Viescamp-sous-Jalle-Aurillac.


La relation directe de nuit Paris-Aurillac, qui a été abandonnée en 2003, est l’une des plus anciennes du réseau ferré français.


Loin du prestige des trains de nuit de luxe, elle est née un siècle plus tôt sous l’égide du Cantalien Louis Bonnet*. Ce véritable précurseur des « trains charters » à bon marché avait négocié avec le PO et le PLM, les deux compagnies qui desservaient les départements du Massif central au départ des gares d’Austerlitz et de Lyon, pour obtenir des billets à tarifs réduits (- 40%). Et ils étaient également assortis du transport gratuit de 30 kg de bagages par voyageur.


Ces trains directs de nuit de troisième classe en places assises reliaient Paris à Aurillac, Rodez et Albi. Au petit matin, ils s’arrêtaient dans chaque gare du trajet des départements auvergnats desservis afin de rapprocher les voyageurs de leurs communes d’origine.


 

* C’est le fondateur en 1882 de l’hebdomadaire « L’Auvergnat de Paris » qui, depuis 140 ans, fait le lien entre les Parisiens originaires du Massif central. Bonnet avait même engagé des musiciens (avec cabrette et accordéon) pour « ambiancer » ses trains !

Il a été imité de 1919 à 1928 par le Bordelais Cocula avec son journal « La Ligue méridionale » et ses trains destinés aux originaires du Limousin et du Sud-Ouest.