• Michel Chlastacz

Un triple avenir pour la ligne Strasbourg-Lauterbourg


28/09/2021 - La ligne Strasbourg-Lauterbourg (Wörth), d’une longueur de 61 km en France et de 11 km en Allemagne, a été achevée en 1876 par la « Direction Générale Impériale des Chemins de fer d’Alsace-Loraine ».


Elle est établie à double voie en France et est équipée en France et en Allemagne du block électromécanique Siemens-Halske.


Côté français, elle est desservie quotidiennement par 8 allers-retours TER de bout en bout (en correspondance avec des trains de DB Regio à Lauterbourg ou des directs Strasbourg-Lauterbourg les week-ends depuis l‘automne 2021), ce nombre atteignant 15 allers-retours journaliers avec un cadencement à la demie-heure de Strasbourg à Roechwoog (36 km de Strasbourg). Un trafic auquel s’ajoutent de nombreuses dessertes fret locales.


Avec le double projet de création d’un système de type RER à Strasbourg associant région et Métropole et de mise en place d’une offre ferroviaire transfrontalière dense franco-allemande dotée de matériels ad-hoc, l’avenir de la ligne semblait tout tracé.


C’était sans compter avec les incidents d’infrastructures à répétition qui ont affecté depuis trois ans les acheminements de l’axe principal du fret ferroviaire européen, le grand corridor paneuropéen Rhin-Alpes (Rotterdam-Gênes).


Incidents auxquels s’ajoutent les aléas des nombreux chantiers programmés durant les prochaines années sur l’itinéraire. Une situation qui conduit de façon récurrente à faire passer une partie du trafic du Corridor Rhin-Alpes par la France via la ligne de plaine d’Alsace (Strasbourg - Mulhouse Bâle) sur la rive gauche du Rhin*.


Cette situation est amenée à perdurer notamment en raison des travaux de régénération qui sont planifiés par DB Netz jusqu’en 2024 sur l’axe Cologne-Coblence-Mayence.


Ce qui met en avant l’intérêt de disposer d’itinéraires de détournement dans la partie la plus chargée du corridor, la moyenne Vallée du Rhin dans le Bade-Wurtemberg qui est l’un des tronçons ferroviaires les plus chargés d’Europe.


Aussi, les gestionnaires d’infrastructures du Corridor et les opérateurs qui l’empruntent militent en faveur d’une aide européenne pour la modernisation et l’électrification de la ligne Wörth-Lauterbourg-Strasbourg qui est considérée comme un « itinéraire-bis ».


Une démarche qui implique un changement de statut de cette « ligne de desserte fine du territoire » afin de passer de celui d’axe régional transfrontalier au rang de corridor paneuropéen. Dans ces conditions, cette modernisation pourrait bénéficier de financements nationaux et européens...


*Double exemple récent avec les effondrements survenus à Rastatt entre Karlsruhe et Offenbourg en 2017 et qui ont interrompu le corridor durant de nombreuses semaines. Ils étaient liés ... au chantier de quadruplement du corridor dans cette partie très chargée de l’itinéraire ! Et, en mars 2021, des éboulements causés par les inondations ont obligé à des détournements de trafic.