• Jean-François Bélanger

Un rapport de plus pour le Conseil d’Orientation des Infrastructures


21/03/2022 - Après le rapport de Philippe Duron, c’est celui de David Valence qui a été déposé sur le bureau du ministre des Transports le 16 mars 2022, par le Conseil d’Orientation des Infrastructures (COI)*. A un mois de la présidentielle, il dresse un constat de la situation, tout en proposant trois scénarios pour les années à venir.


Jean-Baptiste Djebarri, ministère délégué aux Transports

Réalisé à la demande du ministère délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebarri, ce dernier rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures confirme, si besoin était, la situation française en la matière : aveuglée durant plusieurs décennies par le développement des réseaux de TGV et des autoroutes, la France a masqué la réalité et cumulé les retards.


Il convient donc de restaurer un patrimoine vieillissant et de tenter de rejoindre la moyenne européenne. Essayer de ne pas avoir 30 ans de retard avec des systèmes d’exploitation ferroviaire et un modèle économique des transports collectifs qui connaissent de graves déséquilibres.


Ceci, au moment où des attentes immédiates et très fortes émergent de la population, en particulier pour les mobilités du quotidien.



200 Mds€ de besoins de financement recensés sur le territoire


« Nous avons devant nous un mur d’investissement », résume David Valence. Effectivement, d’après ce rapport, sur les 10 ans à venir, les besoins d’investissement cumulés se situent autour des 200 Mds€.


Sur 134 pages, le rapport Valence détaille trois scénarios pour le futur. Le noyau dur, le scénario « Socle », comprend la poursuite des efforts d’amélioration du patrimoine, la modernisation du réseau ferroviaire, la désaturation des nœuds ferroviaires les plus urgentes, le développement des infrastructures de fourniture d’énergie et des mobilités actives, l’amélioration de l’offre de fret ferroviaire et fluviale…


Au-delà, le COI envisage deux autres scénarios gradués selon l’ambition des territoires, nationale et européenne : l’un « sélectif » et l’autre « maximal ».


Dans le cadre des objectifs européens (Green Deal, révision du RTE-T…), il appartiendra au futur locataire de l’Hôtel de Roquelaure de se l’approprier et de proposer ses choix.


 

*Le COI est un organe consultatif rattaché au ministre en charge des Transports, qui nomme son président. Il est composé de 17 membres (le président de l’AFIT, trois députés, trois sénateurs, trois élus locaux et six personnalités désignés en raison de leur compétence). D’autres personnalités sont désignées en raison de leur compétence en matière de politique européenne et invitées permanentes (Karima Delli, Fabienne Keller et François Philizot).