• Michel Chlastacz

Un pré-RER se met en place sur l’Arc languedocien



03/11/2020 - L’un des effets les plus marquants de l’augmentation de l’offre TER en région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée est l’apparition d’un système de desserte périurbaine densifiée de part et d’autre de Montpellier, de Lunel - à l‘est - et jusqu’à Sète - à l’ouest, soit sur 49 km (avec six gares intermédiaires desservies).

C’est en quelque sorte un « pré RER » qui se met en place sur le grand Arc Languedocien et qui relie Avignon à Narbonne, via Nîmes et Montpellier.

En effet, dans l’ensemble des 72 nouveaux TER quotidiens (+ 14,4%) lancés en février 2020 par la région dans le cadre de son « Plan de reconquête des voyageurs TER » (voir Mobilités Magazine, 6 mars 2020), on constate que cette section de ligne périurbaine est particulièrement bien dotée.

Avec quatre trains de plus par heure en « plages » de pointes de Montpellier à Lunel (soit 11 TER/jour supplémentaires), et autant entre Montpellier et Sète (soit 14 TER/jour supplémentaires), ces dessertes disposent de près d’une centaine de trains/jour, du lundi au vendredi.

Une augmentation de l’offre rendue possible par les nombreux sillons devenus disponibles après la mise en service de la LGV Nîmes-Montpellier.

Fin 2017, le trafic fret de transit a été dirigé sur la LGV alors que l’ouverture des gares nouvelles Montpellier-Sud France et Nîmes-Pont du Gard aura absorbé la moitié des 52 TGV quotidiens qui passent par le nouvel axe à grande vitesse.

Les gares de Lunel et de Sète ont été équipées d’installations de terminus/retournement des trains et elles ont été aménagées en Pôles d’Échanges Multimodaux (PEM) qui associent aux trains, les autocars et/ou les autobus urbains et les taxis, des parkings capacitaires ayant aussi parallèlement créés.

La gare de Sète bénéficie même, outre d’une gare routière, d’une « halte fluviale » installée sur le Canal du Midi avec une passerelle qui relie l’ensemble des installations. La gare de Baillargues, dont le trafic avait littéralement explosé de 2014 à 2017*, est également dotée d’un PEM.

Au-delà même de la section Sète-Montpellier-Lunel, l’augmentation de dessertes bénéficie également à la partie suivante de la ligne de Lunel jusqu’à Beaucaire via Nîmes (44 km et 5 gares intermédiaires).

Ainsi, la gare nouvelle de Nîmes-Pont du Gard installée en correspondance avec la LGV Nîmes-Montpellier est desservie par 22 allers-retours journaliers. Tandis de Vergèze, dont la fréquentation s’est accrue de 25% (247 000 voyageurs annuels), bénéficie aussi d’une offre supplémentaire de 10 à 15 allers-retours TER/jour.

À Beaucaire, la desserte TER quotidienne passe de 6 à 16 allers-retours. De quoi stimuler le trafic d’une gare jusqu'alors fréquentée par moins de 10 000 voyageurs par an.

Dans ces conditions, peut-on imaginer - tel un pendant à celui de Montpellier - la possibilité d’un autre « pré- RER » ? Nîmois celui-là, et de Lunel à Nîmes et Beaucaire...


* Il est passé de 89 000 à 275 000 voyageurs par an !

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