• Jean-François Bélanger

Le Sytral mesure la qualité de l’air du métro


13/01/2021 - Suite aux injonctions européennes, la France a mis en place, depuis le 1er janvier, de nouveaux seuils de mesure de la qualité de l’air dans les villes. Abaissés et plus rigoureux, ils vont mécaniquement entraîner une hausse des pics de pollution, notamment à Lyon. De son côté, le Sytral a mis en place un nouvel outil de mesure de la qualité de l’air dans son métro.


En principe, lorsque les seuils d’alerte sont atteints, ils sont synonymes de mesures restrictives de circulation pour les véhicules individuels prises par la Préfecture, avec parallèlement des tarifications incitatives en faveur des transports en commun.


Encore faut-il que la qualité de l‘air respiré pas les utilisateurs du réseau soit maintenue au meilleur niveau possible. C’est dans cette optique que le Sytral a installé dès 2020, en partenariat avec Atmo-Auvergne-Rhône-Alpes, un outil de mesure de la qualité de l’air dans une station pilote de métro.


Ce mode de transport concentre 220 millions de passagers par an, soit 45% des déplacements du réseau lyonnais et c’est la station Saxe-Gambetta, l’une des plus fréquentées avec 82 000 passages par jour, qui a été choisie. Une première série d’analyses vient d’être communiquée.


L’air est meilleur dans le métro qu’en surface


Bien qu’il n’existe pas de seuil règlementaire officiel, le Conseil Supérieur d’Hygiène Public de France, a établi à 372 microgrammes par mètre cube, la valeur guide retenue pour les enceintes ferroviaires souterraines, pour une durée d’exposition de 30 minutes à une heure.


Les données relevées à la station Saxe Gambetta montrent une valeur moyenne habituelle de 59 microgrammes pour les particules PM2,5 (inférieures à 2,5 microns) et 124 microgrammes pour les particules PM 10 (inférieures à 10 microns).


La qualité de l‘air est liée à la densité de fréquentation et de circulation, variant de plus ou moins 40%. Le Sytral en déduit donc que les usagers du métro lyonnais sont assez peu exposés. D’ailleurs, l’Agence Nationale de Santé estime que la pollution subie par les automobilistes est plus préoccupante que la pollution des réseaux souterrains.


Pollution : 50 jours par an au lieu de 12


Dans la métropole de Lyon, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes estime qu’avec le nouvel indice mis en place depuis le 1er janvier, on passera à cinquante jours par an avec un air de mauvaise qualité, contre douze en moyenne actuellement.

« Il n’y aura pas un mois de l’année sans dépasser les seuils de bonne qualité de l’air », envisage même Isabelle Clostre, porte-parole d’Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.


Pour autant, ils ne déclencheront pas davantage d’arrêtés préfectoraux imposant des restrictions. En effet, les préfets ne sont pas armés pour les déclencher et les arrêtés préfectoraux devront se référer aux anciens seuils, moins stricts, en vigueur jusqu’en 2020.