• Michel Chlastacz

SNCF Réseau lance le dialogue territorial pour les LNOBPL


09/02/2022 - Le 2 février 2022 à Nantes, SNCF Réseau a en quelque sorte « sonné le gong » du dialogue territorial engagé en décembre 2021 qui doit s’achever fin février et qu vise à savoir comment développer les LNOBPL (Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire).


Un terme aussi imprécis que le sigle semble peu intelligible. Toutefois, au-delà des (manques de) subtilité de la communication technocratique, les enjeux ne sont pas minces, puisqu’il s’agit de mettre en place les conditions de la réalisation - d’ici 2035 – de ces fameuses « Liaisons Nouvelles Ouest Bretagne Pays de la Loire ».

Un ensemble d’opérations d’infrastructures dont les coûts varient de 5 à près de 8 Mds€ selon les deux scénarios et leur consistance.


Les objectifs sont notamment de permettre de relier Paris à Brest et à Quimper en trois heures et Rennes à Nantes en moins d’une heure*, voire même Brest et Nantes en moins de trois heures, ce qui impliquerait par ailleurs une électrification et un doublement partiel de (Brest) Landerneau-Quimper.


Les deux scénarios envisagent la construction - mais avec des longueurs variables - de sections de lignes ou de shunts de sections tortueuses qui seraient parcourables à la vitesse de 200 km/h et plus. S’ajouteraient des aménagements de capacités, y compris (dans le cas du scénario maximum) au profit des offres périurbaines nantaises et rennaises à venir.


Ainsi que, dans les deux scénarios, la mise en place générale d’une offre cadencée et serrée, avec l’objectif à terme de gagner plus de trois millions de voyageurs par an sur l’ensemble des grands axes concernés...


Le projet LNOBPL avait déjà fait l’objet d’un débat public en 2015-2016, un débat qui avait été suivi d’une concertation approfondie avec les cinq départements du projet en décembre 2017 sur la base d’« ateliers de réflexion » organisés par SNCF Réseau, pour finalement conclure à la nécessité... d’études complémentaires !


Aussi, l’irruption du dialogue territorial donne l’impression d’un nouveau report de décision. D’autant qu’il s’insère dans un calendrier incertain, puisque son lancement dans la période électorale présidentielle n’est pas de nature à faciliter et à clarifier ce dialogue officiellement espéré.


Alors que les acteurs du débat n’ont qu’une faible visibilité stratégique et financière qu’il s’agisse du côté gouvernemental comme du côté régional. Dans ces conditions, le risque existe que chacun prenne bien soin durant cette période d’incertitude politique de garder ses cartes sous le coude.

Reste que le projet existe, que sa nécessité n’est pas vraiment contestée et qu’il faut continuer à le faire vivre. C’est le rôle de tous les acteurs concernés, SNCF Réseau en tête...


 

* L’abandon du projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes donne une autre orientation à la liaison Rennes-Nantes. Ici, SNCF Réseau semblerait plutôt viser l’option de fortes augmentations de capacités avec, par exemple, de longs quadruplements de voies.