• Michel Chlastacz

Saint-Pol-sur-Ternoise, étoile en rénovation avant mise en concurrence



10/02/2021 - Depuis octobre 2019, la rénovation des trois lignes qui composent l’étoile ferroviaire de Saint-Pol-sur-Ternoise située au cœur du Pas-de-Calais est lancée.


Trois lignes établies à voie unique et non électrifiées qui se dirigent respectivement vers Étaples à l’Ouest (60 km avec neuf gares intermédiaires), Arras à l’Est (40 km et cinq gares) et Béthune au Nord (33 km et trois gares).


Un vaste chantier d’un montant de 92,6 M€, et qui se répartit entre État (9,99%), région des Hauts de France (81,51%) et SNCF Réseau (8,5%).


Dans cette opération, la jeune région Hauts de France investit au maximum afin de sauvegarder le réseau ferré structurant de la seule partie restée rurale du département du Pas-de-Calais.


Une remontée en vitesse


Le très mauvais état des trois lignes de l’« Étoile de Saint-Pol » avait obligé à de nombreux ralentissements aboutissant à des temps de parcours peu attractifs.


Aussi la rénovation des voies vise à retrouver une vitesse limite de 80 km/h sur l’axe vers Béthune, de 100 km/h sur celui vers Étaples et de 140 km/h sur celui vers Arras.


En raison de la pandémie, la réouverture de Saint-Pol-Étaples a été retardée de quatre mois et aura lieu en avril 2021 précédant celle de Saint-Pol-Béthune. Tandis que les travaux de Saint-Pol-Arras devraient être lancés parallèlement pour quatorze mois.


Ces renouvellements concernent 56 km de rails, 180 000 traverses et 220 000 tonnes de ballast, plus la remise à niveau des quais de 19 gares et haltes ainsi que la réfection et la mise en sécurité de 88 passages à niveau.


Mise en concurrence


Autre nouveauté de taille, ces trois lignes dont la rénovation sera achevée en 2022 devraient également être les premières du réseau régional à être mises en concurrence avec deux autres « lots » de lignes*, l’ensemble des trois lots totalisant pas moins de 21% du kilométrage du réseau et de 22,7% de l’offre régionale TER.


Sur la base d’une concession d’une durée de neuf années jusqu’en 2033 et d’un montant de 155 M€.


Outre la SNCF, les grands groupes français (Transdev, Keolis) et européens (Arriva) devraient être sur les rangs. S’ajoute le dernier-né d’entre eux Régionéo, une joint- venture qui associe la RATP (55%) et Getlink (45%) l’opérateur des navettes transmanche et dont les représentants ont visité le chantier de rénovation des trois lignes en janvier 2021.


Reste que l’arrivée d’un nouvel opérateur pourrait être l’occasion de la refonte d’une desserte peu attractive (0,6 millions de trains.km annuels).


Avant les travaux de rénovation elle se limitait à cinq allers-retours journaliers depuis Saint-Pol sur les axes vers Étaples et vers Béthune et à huit allers-retours depuis Saint-Pol vers Arras.


* Les deux autres « lots » mis en concurrence concernent quatre lignes de l’« Étoile d’Amiens » (Amiens – Abbeville, Amiens – Laon, Amiens – Creil et Amiens- Compiègne, soit 295 km) et la ligne Paris – Beauvais (78 km).