• Michel Chlastacz

La région Grand Est défend son bilan



03/03/2021 - La polémique a été lancée par le quotidien régional Le Républicain lorrain qui, sous le titre « Grand Est : du ferroviaire à petite vitesse » (23 et 24 février 2021), met en avant la chute de fréquentation des « petites » relations TGV dans la région.


Il en profite également pour faire un bilan peu flatteur de l’état des TER, sans oublier de rappeler la fermeture de certaines lignes.


La région Grand Est montée au créneau pour défendre son bilan dans un long communiqué daté du 24 février 2021.


Elle y évoque, en arrière-plan de l’actuelle situation, « un quart de siècle de choix ferroviaires parfois discutables opérés par l’État ou l’opérateur public SNCF de façon unilatérale, de deux mandats régionaux marqués par l’indécision politique* et de l’impact Covid sur les mobilités [avec une] perte de 130 M€ de recettes ».


En 2021, la « jeune collectivité (consacre) 984 M€ sur ses 3,4 Mds€ de budget aux mobilités ». Depuis 2016, elle a « engagé plusieurs chantiers pour améliorer le service ferroviaire et lui donner un nouveau souffle », ajoute le communiqué.


Il évoque tour à tour « le cadencement en Lorraine et en Champagne-Ardenne (+ 24% d’offre), la montée en puissance de l’Étoile ferroviaire de Reims (+ 16%) », ainsi que la reprise des relations ex-TET Vallée de La Marne, Paris-Strasbourg et Paris-Belfort-Mulhouse.


S’ajoutent les efforts liés aux matériels roulants (668 M€) avec la pose de l’ERTMS sur 25 rames dédiées aux relations avec le Luxembourg, l’achat de 15 rames TER 2N à la Normandie pour étoffer le parc Metrolor (Thionville-Metz-Nancy), ainsi que « la rénovation à mie-vie des AGC et des TER 2N NG (et) la commande ferme de 3 Regiolis H2 à hydrogène ».


Sans oublier les opérations d’infrastructures financées dans le cadre du CPER (106 M€ apportés par la Région, ndlr.), avec « la quatrième voie d’accès à Strasbourg, l’électrification Paris-Troyes et l’amélioration du Sillon Lorrain » (Metrolor plus Nancy-Épinal, ndlr.).


La Région met aussi en avant le « sauvetage » des petites lignes avec 97 M€ apportés en urgence en 2020 au profit de Saint-Dié-Épinal et de Nancy-Mirecourt-Vittel-Contrexéville.


Une argumentation qui se conclut avec les projets : lignes transfrontalières pour lesquelles 30 rames Regiolis sont commandées (375 M€), « réseau express métropolitain strasbourgeois » et densification du Sillon lorrain avec, de Metz à Luxembourg, « une desserte comparable à celle du RER parisien » en 2028.


« Patience et longueur de temps font plus que force ni de rage », conclut le communiqué, en opposant La Fontaine aux... « Cassandre du ferroviaire » !



* Le communiqué met en cause les exécutifs précédents, qui n’ont pas déplacé la gare « TGV Lorraine » à Vandières au croisement avec l’axe Metz-Nancy, alors qu’elle est installée à Louvigny pour desservir un aéroport... distant de 7 km ! « La gare la plus bête de France », selon L’Est Républicain (24 février 2021)...