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  • Michel Chlastacz

Un rapport qui secoue les Chemins de fer corses


Chemins de fer corses

09/03/2021 - La Chambre régionale des Comptes de Corse a voulu frapper fort. Son rapport remis en février 2021 à l’exécutif régional dénonce vivement la gestion des Chemins de Fer Corses (CFC).


Elle pointe notamment du doigt des coûts d’exploitation au voyageur.km qui seraient trois fois plus élevés que la moyenne des TER continentaux, et des coûts de personnels qui ont augmenté de 36,5% de 2010 à 2019.


Une hausse enregistrée en dépit d’une productivité en berne et d’un nombre d’heures effectives de travail inférieure de 28% à celle des TER, aussi, « les marges de productivité se situeraient à 50% pour les conducteurs et à 80% pour les agents de train ».


En outre, le rapport constate que « malgré l’accompagnement financier de l’État et de l’Europe », plus des trois-quarts des objectifs fixés en 2015 sous la précédente mandature n’ont pas été réalisés, pour des questions d’organisation selon les rapporteurs qui dénoncent une direction « sur-administrée mais sous dotée en chargés d’opérations ».


Ainsi, ce seraient 73,5 M€ d’investissements inscrits budgétairement et financés qui n’auraient pas été utilisés. De 2010 à 2019, « seuls 40 % des crédits programmés ont été utilisés, ce qui a fait perdre 23 M€ à la collectivité ».


La région pointée du doigt


Cette situation est le résultat d’un « pilotage insuffisant et coûteux » de la Région. En 2011 l’exploitation des Chemins de fer Corses a été confiée à une Société d’économie Mixte (dont la région est actionnaire à 65%) via une délégation de service public. DSP « à la durée injustifiée » selon le rapport, qui constate aussi que la facture du délégataire est passée de 15,9 M€ en 2010 à 22,8 M€ en 2019 (+43,4%).

Plus globalement, si la région dispose de « la totale maîtrise de la politique ferroviaire (elle) peine à en dessiner les priorités », estiment les rapporteurs.


Pour Gilles Siméoni, président de Région, « nombre de conclusions (de ce rapport) sont contestables (et) il n’a pas pris en compte le contexte exceptionnel de la fusion en 2018 des deux Conseils départementaux (qui a abouti) à une collectivité unique ».