• Jean-François Bélanger

Railcoop : feu vert pour le premier train et incertitude pour le Bordeaux-Lyon


locomotive Railcoop

22/11/2021 - Railcoop vient de faire rouler son premier train de fret, ce 16 novembre, entre l’Aveyron et Toulouse, mais les différents persistent avec SNCF Réseau pour le Bordeaux-Lyon dont l’ouverture est reportée de six mois.


Forte de ses 10 000 sociétaires, particuliers, entreprises ou collectivités, cette première étape est déjà une victoire. Après avoir obtenu sa licence d’opérateur ferroviaire, puis son certificat de sécurité, début novembre, la coopérative a donc fait rouler un premier train de huit wagons bâchés pour des produits palettisés entre Capdenac, Viviez-Decazeville et Saint-Jory, soit sur 150 kilomètres.


Il est prévu un aller et retour quotidien à heure fixe. En revanche, le projet de réouverture de la ligne abandonnée par la SNCF entre Bordeaux et Lyon continue de se heurter à de nombreux obstacles. Les discussions qui se poursuivent n’avancent pas.


500 000 € par an de charges de personnel SNCF

Ludovic Grandjacques, en charge du processus capacitaire, chez Railcoop.

En cause, une somme estimée autour de 500 000 € par an demandée par SNCF Réseau pour l’ouverture de certains postes d’aiguillage, opération rendue nécessaire pour faire circuler les trains sur des lignes désertées à ce jour.


Elle viendrait s’ajouter au péage demandé par SNCF Réseau pour l’utilisation de son infrastructure. Le différent est en fait de savoir si ce péage représente seulement la rémunération de l’utilisation de l’infrastructure, et que l’exploitant doit y ajouter le coût supplémentaire destiné au fonctionnement du service, ou que le péage intègre la totalité des coûts d’utilisation.


Un problème complexe, puisqu’il impacte aussi les horaires demandés par Railcoop. Si la ligne est fermée, pas de possibilité de circulations, et donc SNCF Réseau ne peut fournir les horaires demandés par Railcoop. Les discussions continuent cependant et pourraient être arbitrés par l’Autorité de Régulation des Transports (ART).


« En fait, il s’agit d’un cas particulier, puisque l’itinéraire du Bordeaux-Lyon emprunte des itinéraires qui ne sont plus ouverts au trafic depuis longtemps », reconnait Ludovic Grandjacques, qui vient de rejoindre Railcoop en avril dernier, et est en charge du processus capacitaire. Et il sait bien de quoi il parle, puisqu’il arrive de la SNCF. Les horaires sont aussi en question à cause des nécessaires travaux liés à la vétusté des voies.


Une demande plus simple pour le Thionville-Lyon-Grenoble et Saint-Etienne


Les discussions se poursuivent cependant. De son côté, SNCF Réseau s’est engagé à fournir une proposition alternative à chaque sillon qui n’a pu être fourni, mais reconnait que dans le cas où ces échanges ne donneraient pas lieu à un consensus, l’ART peut éventuellement être saisie.


Selon Ludovic Grandjacques, « les autres projets que nous avons annoncés devraient être moins sensibles, car ils empruntent des itinéraires qui sont déjà ouverts aux circulations ». On pense notamment au Thionville-Lyon, vers Grenoble et Saint-Etienne, toujours envisagé pour 2023.