• Michel Chlastacz

Quand la SNCF endosse ses habits verts



28/01/2021 - Le 26 janvier 2021 en gare de Paris-Montparnasse, SNCF Voyageurs présentait ses objectifs en matière environnementale.


Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, et Alain Krakovitch, DG, ont notamment rappelé les base du mode ferroviaire en la matière, puisqu’un voyageur ferroviaire émet quatre-vingt fois moins de gaz à effet de serre qu’un voyageur aérien et cinquante fois moins qu’un automobiliste.


Des atouts fondamentaux que la SNCF veut faire fructifier. Sous le patronage symbolique du navigateur François Gabard, le vainqueur du Vendée Globe 2013, la Société nationale veut « parler green (sic !) sans rougir ».


Elle souhaite donc accentuer ses efforts en matière environnementale dans les domaines respectifs de l’ « éco-conduite » et de l’ « éco-stationnement » des trains*, de la mise au point de matériels moins consommateurs d’énergie et de gestion des déchets.


Bientôt un éco-TGV


Concrètement, l’arrivé d’un « éco-TGV » dit TGV-M devrait être l’occasion de progrès non négligeables, une première rame devant être présentée dans quelques semaines.


Le TGV M sera une rame recyclable à 97% (92 % pour les rames existantes) consommatrice de 20% d’énergie en moins et émettant 32% de CO2 en moins. Tout en offrant 20% de places supplémentaires...

S’ajoute, dans le même effort environnemental, la volonté de relancer les trains de nuit en coopération avec l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, en commençant dès cette année par le retour de relations internationales Paris-Vienne et de relations nationales Paris-Nice et Pari-Tarbes.


Retour aux fondamentaux ?


« Il n’y a pas de vaccin contre les effets du changement climatique », constatait Alain Krakovitch dans sa présentation de la nouvelle démarche.


Au-delà de la phrase-choc bien dans l’air du temps, on constate que la SNCF redécouvre - ce qui est également dans l’air du temps - les vertus environnementales intrinsèques d’un mode ferroviaire qui semble redevenir son cœur de métier.


Mis quelque peu de côté ces dernières années, voire même en partie oublié, au profit des services au sens large du terme et dans le cadre d’une sorte de politique « attrape-tout ».


Aujourd’hui, alors que les trafics se sont effondrés (- 50% pour les TGV et trains grandes distances, et de 40 à 50% pour les TER et le Transilien, soit 42% en moyenne), c’est une politique de reconquête des voyageurs, les « retrouvailles du voyage » selon le terme SNCF, qui devrait s’engager sur fonds de forte prise de conscience environnementale. La crise sanitaire aurait-elle finalement du bon ?


* C’est une vieille tradition ferroviaire qui se traduisait en « primes de charbon » pour les équipes de conduite économes du précieux combustible. Un encouragement qui persiste et que les cheminots ont continué de dénommer de la même façon bien longtemps après la disparition de la vapeur. Les objectifs d’aujourd’hui visent d’économiser 10% en énergie de traction et 7% en énergie de stationnement.