• Pierre Cossard

Quand le bonheur des uns fera l’immobilité des autres

22/09/2021 - Toujours en marge de la Semaine européenne de la Mobilité, dont c’est le dernier jour, et au-delà des bonnes intentions qui s’affichent un peu partout, le Conseil d’administration d’Île-de-France Mobilités a demandé à Valérie Pécresse, sa présidente, de réclamer à l’Etat le transfert des autoroutes non concédées et routes nationales sur son territoire à la région, ainsi que le boulevard périphérique parisien.


Le futur du périphérique parisien selon la Mairie de Paris. Une vision très (trop ?) idyllique, clairement éloignée de son rôle actuel d’autoroute urbaine régionale.

IDFM qui, rappelons-le, gère les transports collectifs à l’échelle de la région capitale, souhaite créer des lignes express d’autobus sur les autoroutes, aménager des voies réservées et coordonner les systèmes d’information en temps réel avec le réseau des transports publics.


Concernant le boulevard périphérique, pour l’instant de la responsabilité de la Ville de Paris, IDFM entend sans doute contrer là certaines des velléités d’Anne Hidalgo, qui souhaite le transformer en « boulevard urbain » et lui faire perdre ainsi son caractère autoroutier, avec réduction du nombre de voies, création de pistes cyclables et de passages piétons, végétalisation, etc. Tout cela au détriment de l’intérêt régional, selon IDFM.


Inclusivité et exclusion ?


Un combat qui s’annonce rude, puisque David Belliard, adjoint aux Transports de la Mairie de Paris, a annoncé, à l’occasion de la 7e édition de la Journée sans voiture, le 19 septembre dernier, et alors que toute la périphérie de la ville connaissait de ce fait un volume d’embouteillages digne d’un retour de vacances, que sa ville « allait garder le cap ».


Un cap qui se traduira d’abord par la mise en place des ZTL (zones à trafic limité) au second semestre 2022, mais aussi dans le lancement de la transformation du fameux périphérique avant 2024…


Outre le volume de travaux que cela devrait encore représenter pour une ville qui semble déjà battre des records en la matière, cette volonté d’airain d’oublier que la capitale de 2 millions d’habitants se trouve au cœur d’une métropole peuplée de 10 millions de voisins ne lasse pas de surprendre.


A plus ou moins long terme, transformer Paris en un vaste jardin public cyclable (après des années de chantier à ciel ouvert) pourrait apparaitre contreproductif, quand tout ceux qui s’y rendent pour travailler, livrer les produits de première nécessité, entretenir les infrastructures, faire leurs achats, voire visiter la capitale, renonceront face aux difficultés à traverser cette nouvelle enceinte digne d’un Philippe Auguste, version inclusive et apaisée, bien sûr…