• Michel Chlastacz

Quand la pandémie favorise « l’autosolisme »


29/11/2021 - Il y a l’avant avec ses tendances, et l’après. En raison de la pandémie, la part modale de la voiture dans l’ensemble des transports intérieurs de voyageurs est passée de 80,4% (exprimée en v.km) en 2019, à 85% en 2020.


Une tendance en grande partie réaffirmée durant les premiers mois de 2021, alors que la part des transports collectifs a diminué, en passant de 17,6% à 14%.


Un constat exprimé le 25 novembre 2021 lors de la présentation des résultats 2021 de « l’Observatoire de la Mobilité » de l’UTP (Union des Transports Publics), et qui fait paraître l’utilisation de la voiture en solo (autosolisme) comme le grand gagnant de la crise sanitaire.


S’ajoutent également à ce phénomène les effets du télétravail, en dépit de ses faibles potentiels réels* et ceux de la réduction générale des déplacements.


Alors que la plupart des grands fondamentaux du transport publics (essentiellement les raisons des choix des usagers et des non usagers) demeurent en dépit de cette conjoncture, la réduction de la part des transports publics est intimement liée ici à la perception des risques de contamination que l’on lie mécaniquement à l’importance des flux de passagers.


Des craintes qui, curieusement, ne se retrouvent pas au même niveau dans d’autres lieux d’aussi forte promiscuité que les transports comme les grands centres commerciaux...


Des recettes en berne


Du côté des exploitants, ce recul se traduit par un manque de recettes estimé à 2,28 Mds€ en 2020 et durant les deux tiers de 2021, manque à gagner qui se trouve concentré aux deux tiers en Île-de-France.


Cette situation ne suffit pas à désarmer l’UTP. Forte des attentes d’une opinion qui soutient à 89% le développement des transports publics, elle défend une « logique d’accompagnement en continu » de ce développement, à hauteur de 2,5 Mds€ sur cinq ans en sus du IVe Appel à Projets TCSP.


Elle affirme cette volonté en proposant un Manifeste à l’intention des candidat(e)s à l’élection présidentielle de 2022 concrétisant les ambitions des transports publics et ferroviaires principalement du côté climat et cohésion sociale et territoriale.

Parmi les 20 mesures présentées, on retiendra par exemple « le soutien pérenne de l’État aux projets de développement des infrastructures et des services de transports urbains et périurbains [...] les opérations de valorisation urbaine à proximité des pôles d’échanges et des gares ».


On notera aussi « le retour de la TVA à 5,5% sur les transports du quotidien » et le « financement pérenne [et] la gouvernance cohérente de la mobilité durable ».


Ce qui impliquerait « la mise en œuvre du principe de pollueur-payeur sur les différentes externalités, la sanctuarisation du Versement Mobilité [et] un prélèvement sur les plus-values immobilières » liées aux infrastructures de transports.

 

* Si le télétravail a grimpé jusqu’à 40% des actifs durant le premier confinement, l’étiage de septembre 2020 s’établissait à 20% et il atteindrait actuellement 10% qu’il s’agisse de travail permanent ou partiel.