• David Rauscent

Premier bilan du Rev Retrofit Tour


10/06/2022 - Alors que l’équipe du REV Retrofit tour s’est concentrée cette semaine sur le salon EuMo pour y présenter son bus Citaro retrofité avec son partenaire allemand pepper motion GmbH, elle a aussi répondu au 1er appel d’offres lancé par la métropole de Rouen pour retrofiter 29 bus et 20 autocars.


Arnaud Pigounides, PDG de Rev Mobilities a, parallèlement, dressé quelques constats des cinq premières semaines de ce 1er Tour de France de la décarbonation. Même s’il est un peu tôt pour tirer un bilan définitif d’un REV Retrofit Tour 2022 qui se terminera le 23 juin prochain à Lyon avec, entre temps, quelques étapes importantes dont la Suisse ou Grenoble, il note déjà le franc succès populaire des 20 premières dates du tour.


Avec plus de 1300 visiteurs, 900 essais et près des 200 entreprises rencontrées, ce succès a d’ailleurs été largement relayé par la presse régionale et la presse spécialisée qui se sont emparées du sujet du retrofit.


Un attrait qui ne surprend guère le PDG de Rev Mobilities, qui rappelle que 40% du parc français, soit près de 18 millions de véhicules sur les 41 millions en France ne pourra plus circuler dans la plupart des métropoles françaises qui passeront en Zones à Faibles Émissions de mobilité au 1er janvier 2025.


Malgré tout, et c’est la principale déception d’Arnaud Pigounides, ces étapes n’attirent que peu les décideurs publics pourtant directement confrontés à cette évolution, tant pour les flottes de véhicules dont ils ont la charge que pour leurs administrés, notamment les entreprises et artisans.


« Néanmoins, dès lors qu’ils prennent la peine de venir à la rencontre de la caravane, ils se rendent compte amèrement que l’échéance est courte et que dans la plupart des cas, même s’ils ont prévu une partie du renouvellement de leur parc, notamment en achetant des bus électriques neufs, ils ne parviendront pas à disposer des 100 % qui rentreront dans les critères de ces ZFE-m », constate-t-il.


Ces métropoles devront-elles retirer de la circulation, au 1er janvier 2025, leurs véhicules les plus polluants privant les habitants des services essentiels ?


Comment permettront-elles à leurs administrés, aux entreprises et commerçants de pouvoir circuler au sein de ces métropoles et ce malgré une loi qui impose l’exclusion des véhicules les plus polluants ?


Au contraire, seront-elles pro-actives en mixant, avec du retrofit, le renouvellement de leurs parcs et en co-finançant la conversion pour les particuliers et entreprises à l’instar de certaines collectivités ?


Là sont les questions essentielles qu’il semble important de se poser dès maintenant. En effet, si l’on en croit les priorités réitérées du nouveau mandat présidentiel et réaffirmées par le Gouvernement d’Elisabeth Borne, la décarbonation ne souffrira d’aucune remise en cause…