• Jean-François Bélanger

Pour le Medef, la transition climatique est la mère de toutes les batailles

27/01/2022 - Après un tour d’horizon de ses différentes délégations régionales le Mouvement des Entreprises de France (Medef) vient de présenter ses propositions qui vont être adressées courant février aux différents candidats à l’élection présidentielle d’avril.


Geoffroy Roux de Bézieux au siège du Medef à Paris, ce 24 janvier.

C’est avec une image du milieu de l’entreprise confortée par la dernière étude Ifop que Geoffroy Roux de Bézieux a débuté sa présentation. Jamais les entreprises n’ont eu auprès des français une telle notoriété : 83% d’entre eux en ont une bonne ou une très bonne image. C’est 12 points de plus qu’en 2017 et l’effet Covid a encore accentué la tendance depuis deus ans.


Fort de cette forte adhésion, le patron du Medef a fixé ses priorités : « la transition climatique et l’environnement sont pour nos entreprises la mère de toutes les batailles ».


Une évolution qu’il convient de mener par le côté rationnel, scientifique et non du seul côté émotif pour davantage d’efficacité. Avec, pour illustration, la dernière loi « Climat et Résilience », imaginée à la suite de la Convention Citoyenne pour le Climat.


« Il faut mettre fin à la naïveté, nous avons besoin d’efficacité dans un monde où la géopolitique est sous tension, avec un retour durable de l’inflation et une remontée des taux d’intérêt. L’écologie est une chose trop sérieuse pour la laisser aux seuls écologistes », n’a pu s’empêcher de lâcher Geoffroy Roux de Bézieux.


Car, pour changer leur appareil productif lié à la transition énergétique, les entreprises vont devoir faire face à des investissements considérables.


« Pour les financer, il nous faut une croissance forte, une hausse de notre productivité et une baisse des charges » assure le président du Medef.


A titre de comparaison, les allemands ont évalué leur besoin d’investissement pour cette transformation à 1 000 Mds€.


Décentraliser Pôle Emploi à l’image de la SNCF et ses TER


Alors que Bruno Le Maire vient de confirmer une nouvelle fois qu’il ne baissera pas la fiscalité sur les carburants, le patron de l’organisation patronale en a profité pour tacler le Versement Transport, toujours dans l’optique d’obtenir une meilleure efficacité : « le système actuel s’applique dans des zones où il n’existe pas de transport en commun ou encore lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés ».


Pour dédommager les salariés dans leurs déplacements domicile-travail, le Medef verrait davantage à sa place un système de subventions personnalisées et modulées en fonction de l’utilisation réelles de ces services : vélo, transports en commun, voiture individuelle…


Parmi les préoccupations du Medef figure aussi l’ajustement du marché de l’emploi et parmi les solutions il préconise une décentralisation de Pôle Emploi. « Un peu à l’image de ce qu’a réalisé la SNCF avec ses TER », illustre Geoffroy Roux de Bézieux.