• Jean-François Bélanger

Pertes SNCF 2020 : moins dramatiques que prévues


Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF

26/02/2021 - Jean-Pierre Farandou, président de la SNCF, vient de présenter les comptes du groupe pour l’année 2020. Les économies réalisées et un deuxième semestre en demi-teinte par rapport au premier ont limité les dégâts.


Après un début d’année marqué par les grèves contre la réforme des retraites, suivies de la pandémie du covid, Jean-Pierre Farandou avait avoué une perte de 2,5 Mds€ sur le premier semestre, qui lui faisait redouter une perte annuelle de 5 milliards.


En fait, l’exercice 2020 se conclue sur un résultat net négatif de 3 Mds€. C’est-à-dire que les pertes du deuxième semestre se sont « limitées » à 500 M€.


Dans cette année 2020, le chiffre d’affaires du groupe a reculé de 14%, passant de 35 Mds€ en 2019, à 30 Mds€ en 2020. Quelque 32% de ce montant sont réalisés à l’international.


Le recul est d’importance mais a été lui aussi limité grâce aux performances notamment de la filiale Geodis. Un chiffre d’affaires de 8,3 Mds€, en progression de 4,5%, dont une hausse de 8% sur le second semestre.


Toutefois, le recul est particulièrement sensible pour les TGV (-50%) alors que les pertes comptables ont été atténuées pour les transports du quotidien par les Autorités Organisatrices. Mais ce sont surtout les économies réalisées qui amortissent le choc. Elles s’élèvent à 2,5 Mds€ sur l’exercice.


Une politique de reconquête en gestation


Dans ces conditions, la dette rebondit. Elle passe à 38 Mds€, ceci après la reprise par l’Etat de 25 milliards au 1er janvier 2020, sur les 35 milliards convenus.


Les 4,7 Mds€ du plan de relance attribués par l’Etat seront affectés pour 4,05 Mds€ à la recapitalisation, et 600 M€ aux investissements.


Pour l’avenir, Jean-Pierre Farandou envisage une reprise de la fréquentation pour l’automne. Il promet une révolution tarifaire en faveur des utilisateurs loisirs, sachant qu’il faudra vraisemblablement compter avec une érosion du trafic « affaires ».


Il envisage une grille « plus simple, plus accessible, plus lisible et plus transparente », qui sera présentée d’ici l’été. Et d’ici là, l’offre sera adaptée.


« Nous étions à 7% des TGV en avril dernier, pour 1% du trafic. Aujourd’hui, nous sommes à 75% des TGV pour 50% de la clientèle », illustre le patron du groupe SNCF, qui reste par ailleurs confiant face aux premières ouvertures à la concurrence devant être annoncées dans la Région Sud au cours de l’été.