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  • Hubert Heulot

Pause annoncée sur les salaires dans le transport de voyageurs

16/04/2021 - Crise sanitaire ! Les salaires n’augmenteront pas beaucoup cette année dans le transport routier de voyageurs (TRV). Du moins si l’on s’en tient dans les entreprises aux minima obligatoires fixés par le dialogue de branche entre les fédérations patronales et les syndicats de salariés.


Khalid Oughzif, Force Ouvrière.

C’est une toute petite revalorisation de 0,25% qui a été actée à partir d’avril, après une négociation qui durait depuis décembre, la CFDT ayant jusqu’au bout demandé un délai de réflexion pour consulter ses adhérents.


Si peu ! Elle ne voulait pas signer « toute seule » alors qu’avec plus de 30% (32%) sur l’échelle de la représentativité, elle le peut.


Le « toute seule » s’entend sans l’appui d’un autre syndicat non-catégorielle, car la CFE-CGC avait décidé de signer après avoir obtenu l’application aux cadres de l’augmentation de la prime pour travail le dimanche et les jours fériés, ajoutée à l’augmentation de 0,25%.


Avec 0,25% d’augmentation, est mis fin à un cycle de revalorisations « significatives », selon la FNTV dont celle de 1,7% de décembre 2019 pour 2020.



Guillaume Cadart, secrétaire général de la fédération des transports CFTC : « On a beau être réformiste, c’est non ! On ne négocie plus, à 0,25% quand le SMIC est à 0,99% ! » (Photo CFTC).

Cela devait contribuer à combattre la pénurie et le turn-over du personnel. Mais la crise a tout balayé et imposé de tout faire pour sauver les entreprises quand elles en étaient là. « Alors que les pertes de chiffre d’affaires ont parfois été considérables, il était difficile de demander à nos TPE en particulier dans le tourisme de faire un effort alors qu’une part d’entre elles sont au bord de la faillite », explique la FNTV.


Le risque d’une rupture avec les syndicats a été pris. Les organisations patronales ont fait le forcing en demandant aux syndicats d’accepter les 0,25% avant de poursuivre les discussions sur d’autres sujets.


Ce qui fait dire à Guillaume Cadart, secrétaire général de la fédération des transports CFTC : « On a beau être réformiste, c’est non ! On ne négocie plus. A 0,25% quand le SMIC est à 0,99%, c’est voir de plus en plus de salariés travailler aux minimas sociaux. Ce n’est pas compréhensible quand le secteur très touché par la crise, surtout dans le tourisme, a été par ailleurs très soutenu et a reçu énormément d’aides pour l’emploi ».


« Nous ne professionnalisons plus le métier. Conduire devient un métier de complément », ajoute Khalid Oughzif, secrétaire de la fédération Force Ouvrière du transport routier de voyageurs.

En plus des 0,25% d’augmentation salariale applicables tout de suite, l’accord prévoit trois autres changements dès qu’il sera étendu, à toutes les entreprises de la branche par le ministère du travail : d’abord le paiement du vaccin contre la grippe, ensuite deux modifications sur des primes.

La prime pour travail le dimanche et les jours fériés, qui concerne surtout le secteur du tourisme, passe à 40 €. Terminé la différence entre moins de 3h et plus de 3h qui donnaient près de 15 € et près de 30 €. Cette prime s’applique aussi aux cadres dans l’entreprise.


La prime de départ à la retraite, avec au moins 30 ans d’ancienneté équivaudra désormais à 3 mois de salaire au lieu de 2,5.


Enfin une promesse : une concertation entre organisations patronales et syndicales va s’ouvrir sur le travail de nuit.


Avec cet accord, la FNTV se réjouit que 2021 ne sera pas une année dite « blanche », c’est-à-dire sans dialogue social. Parce que face aux temps probablement plus durs à l’avenir, il y en aura sans doute bien besoin, de dialogue social.