• Jérémie Anne

Ouverture du prolongement de la ligne 12 du métro parisien


03/06/2022 - Le 31 mai 2022, la RATP et Ile-de-France-Mobilités ont mis en service le prolongement de la ligne 12 du métro, en présence de Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France-Mobilités, Catherine Guillouard, PDG du groupe RATP et Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.


S’étendant de Mairie d’Issy à Auberviliers Front-Populaire sur 15 kilomètres, la ligne 12 et ex-ligne A de la compagnie du Nord-Sud transporte en moyenne 250 000 voyageurs par jour. L’extension, longue de deux kilomètres, comprend deux stations, Aimé-Césaire et Mairie d’Auberviliers, le nouveau terminus.


40 000 voyageurs sont attendus sur ce prolongement, qui met Mairie d’Auberviliers à cinq minutes de la Porte de la Chapelle et 20 minutes de Saint-Lazare. La vitesse maximale des trains est de 70 km/h et l’intervalle minimal possible sur le prolongement est de 2 minutes 10.


Les deux stations, semblables à celles du prolongement de la ligne 4 inaugurées en janvier dernier, privilégient le volume et les tonalités claires, mais sont situées à grande profondeur, 30 mètres pour Mairie d’Aubervilliers.


La station terminus comprend trois vois à quai (une d’arrivée et deux pour les départs), ainsi qu’un Centre de Dépannage des Trains, long de 80 mètres et d’une superficie de 1000 m², qui peut accueillir un train et intervient en assistance de l’Atelier de Maintenance des Trains de Vaugirard.


Notons que deux tiroirs de retournement ont été installés, afin de garantir une robustesse de l’exploitation. 20 trains peuvent remiser à Mairie d’Aubervilliers.


Aujourd’hui, la ligne 12 est équipée de 51 trains MF 67 à cinq voitures modernisé et mis en service en 1967. Un train supplémentaire est nécessaire pour assurer le service sur la ligne, celui-ci étant dans les faits présent sur la ligne depuis la mise en service de l’extension à Front-Populaire en 2012.


Le prolongement sera équipé du système de pilotage automatique PA 135 d’ici la fin de l’année, et dans l’attente du déploiement, les trains circulent en conduite manuelle.


Le troisième rail du prolongement est réalisé via un alliage d’acier et d’aluminium qui permet d’améliorer la conductivité et de limiter la perte d’énergie associées. Le gain est estimé à 20%.


A partir de 2028, le futur matériel MF 19 est attendu sur la ligne. Pour l’instant, seule une commande ferme de 44 rames pour la ligne 10 a été actée.


A cette occasion, outre la modernisation totale de l’Atelier de Vaugirard, le système de contrôle-commande Octys sera déployé sur la ligne.


Le réseau de bus est paradoxalement plutôt faiblement impacté par ce prolongement. On notera la suppression du bus 512, créée en 2012 dans l’attente du prolongement de la ligne ainsi qu’une modification du tracé de la ligne 35.


L’extension ouvre avec plusieurs années de retard, dû à un chantier extrêmement complexe de par la géologie rencontrée. Il a fallu ainsi congeler certains sols avec un mélange de saumure et d’azote liquide pour pouvoir progresser le chantier.


Ce qui se ressent sur le coût du prolongement, qui d’un montant prévisionnel de 175 M€, est désormais de 245 M€, payés à 91% par l’Etat et le reliquat par le département de Seine-Saint-Denis.