• Pierre Cossard

L’Ouest lyonnais refuse la mise en concurrence pour la 5e ligne de métro

25/05/2021 - Nouvelle opposition à la politique du Sytral : une douzaine de maires de l’Ouest lyonnais se sont réunis à Tassin-la-Demi-Lune, le 20 mai 2021, pour refuser que la cinquième ligne de métro, la ligne E, soit mise en concurrence avec les prolongements des autres lignes de métro, comme le Sytral l’a prévu à la rentrée.


Les élus de l’Ouest lyonnais devant le tracé de la ligne E et la mairie de Tassin-la-Demi-Lune.

Déjà, une douzaine de parlementaires de l’opposition avait saisi, en avril, la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) pour une remise en cause du plan de mandat du Sytral, « la seule façon de nous faire entendre » pour Bruno Bonnell, député LREM et signataire de la saisine.


Pour l’essentiel, leur demande a cependant été jugée irrecevable, tout au moins pour ce qui est de la consultation de l’ensemble des projets de métro : la création du métro E et le prolongement des autres lignes.


Aujourd’hui, ce sont plusieurs maires de Lyon et des communes concernées par le tracé de la ligne E qui viennent à leur tour de manifester leur opposition.


Ils rappellent la situation des mobilités dans l’ouest lyonnais pour rejoindre le centre de la Métropole : 200 000 trajets quotidiens, un relief et des voiries contraintes, des temps de parcours longs avec une utilisation de la voiture pour 65% d’entre eux, soit très largement supérieure à ceux du reste de l’agglomération...


Des arguments pris en compte lors de la consultation de 2019 qui avait recueilli 7 000 contributions pour 5 000 participants, et qui avaient abouti à l’acceptation du tracé par l’ancienne équipe avec les six stations depuis Bellecour jusqu’à Alaï.


Déjà, plusieurs élus envisageaient des systèmes de rabattement sur celles-ci. Une autre consultation ? Les élus ne veulent pas en entendre parler : « on ne va pas mettre en concurrence les territoires les uns par rapport aux autres : la mobilité c’est au contraire de réduire les fractures, pas de les encourager », explique Etienne Blanc, sénateur du Rhône.


Le transport par câble n’est pas la solution


Mais au-delà de ces arguments, ce sont les méthodes employées qui sont montrées du doigt. Philippe Cochet, maire de Caluire, revendique sur ce dossier la « continuité républicaine », évoquant le « déni démocratique » de la part de la nouvelle équipe, qui néglige des études déjà validées avec une consultation dont l’ensemble a déjà coûté près de 10 M€.


Il en appelle au Sytral, à l’Etat et à l’Union Européenne pour trouver les financements nécessaires afin de réaliser un véritable plan Marshall, et rattraper le retard que Lyon a pris en matière de métro.


Sur l’Ouest lyonnais, le transport par câble entre Francheville et Lyon promis par le Sytral avant la fin du mandat ne saurait être la solution. Même si la facture de la ligne E du métro s’élève à 1,2 Md€, contre 300 M€ pour le transport par câble, le mode lourd offre cinq fois plus de capacité et son espérance de vie est deux fois plus longue.


Avant la consultation officielle de septembre, des initiatives ont d’ores et déjà été prises. L’une d’entre elles, à Sainte-Foy-lès-Lyon, a déjà mobilisé 5 000 signatures.


Les élus de l’ouest lyonnais sont convaincus que la solution la plus écologique penche en faveur du métro, même si comme le souligne la mairesse d’Oullins, Clotide Pouzergues, « la Métropole n’aime pas le métro ».


Ils souhaitent cependant porter le débat à la Métropole, avant la consultation de septembre.