• Michel Chlastacz

Orlyval, de l’erreur initiale à la liaison sans avenir


27/01/2022 - Que faire d’Orlyval ? Cette liaison de mini-métro automatique de type VAL qui, depuis 1991, relie sur 7,3 km avec trois arrêts la gare d’Antony du RER-A et les terminaux aéroportuaires d’Orly est compromise à très court terme.


D’abord par l’avancée rapide de deux grands projets franciliens au nord, comme d’Ouest en Est. Avec le prolongement de la ligne 14 vers Orly dès 2024 et la création de la ligne 18 du Grand Paris Express qui, en 2027, reliera Versailles-Chantiers à Orly.


Deux nouvelles liaisons intégrées techniquement comme au point de vue tarifaire dans le réseau, qui rendront le système d’Orlyval à la fois inefficace* et trop coûteux.


Une inefficacité et un coût qui, d’ailleurs, posent problème depuis les origines. En effet, le choix d’Orlyval est bien plus politique que fonctionnel et a été fait en 1986 au détriment de solutions proposées par la SNCF et par la RATP qui apparaissaient à la fois plus simples et mieux intégrées au réseau.


Toutes deux proposaient des « débranchements » des lignes existantes pour desservir un aéroport mal relié aux transports collectifs.


« Débranchement », soit du RER-C depuis Pont de Rungis, avec la création d’une antenne vers l’aéroport, ou du RER-B à Antony, avec l’emprunt partiel de la partie de la Grande Ceinture Sud dite « Stratégique » parcourue par le RER-C (Choisy-le-Roi-Orly-Ville-Massy-Verrières-Massy-Palaiseau) pour aboutir à la même antenne.


Le choix d’une concession privée hors tarification du réseau et celui d’un mode qui oblige à une rupture de charge à Antony ont pesé sur l’évolution d’Orlyval, aboutissant à la faillite dès 1993, faute de trafic suffisant et à la reprise par la RATP avec subvention d’exploitation de la Région, sans toutefois réintégrer la ligne dans la tarification.


L’avenir oblige à décider rapidement une reconversion d’une ligne dont la concession se termine cette année. Une échéance dont se passeraient bien la RATP et Île-de-France Mobilités, Orlyval étant désormais aussi « collant » que le sparadrap du Capitaine Haddock dans L’Affaire Tournesol. Aussi la tentation de la suppression pure et simple existe, âge des matériels à l’appui...


Côté reconversions, on se trouve en face de propositions variées. Y compris aberrantes, voire provocatrices dans le contexte francilien avec ses tensions en matière d’infrastructures de transport. Que dire en effet de la proposition de reconversion en ligne de bus guidé voire en « voie verte » cyclable...


Les villes d’Antony et de Wissous et la Communauté Paris-Saclay voudraient elles valoriser cette infrastructure et l’intégrer dans les réseaux franciliens, en créant trois nouvelles gares de correspondance avec celles du RER-C (Chemin d’Antony, Wissous et Rungis La Fraternelle).


 

* La ligne 14 relierait « Châtelet-Les Halles » à Orly en 23 minutes (42 minutes via Antony et OrlyVal) et les liaisons en transport public entre la banlieue Sud et Orly seraient très performantes avec la ligne 18 du GPE...


Photo : © RATP/Bruno Marguerite.