• Michel Chlastacz

Orléans-Châteauneuf-sur-Loire, entre non-choix et immobilisme


20/10/2021 - La réouverture de la liaison Orléans-Châteauneuf-sur-Loire est une véritable série qui semble encore entamer une nouvelle saison, avec la malchance et les occasions ratées au cœur du scénario.


Le projet de réouverture aux voyageurs de la section Orléans-Châteauneuf-sur-Loire (27 km) de l’ancienne ligne Orléans-Gien* a été ébauché en 1993 par la Région Centre (aujourd’hui Centre-Val de Loire), le Département du Loiret et l’Agglomération d’Orléans.


Après une étude positive de faisabilité en 2001 le projet est inscrit au CPER en 2004, pour faire l’objet d’études préliminaires en 2009-2011 avec l’adoption d’un calendrier qui fixait la réouverture à 2018 !


Même s’il a fallu attendre Janvier 2018 pour obtenir l’avis favorable du Commissaire enquêteur. Un avis contré par le Préfet en novembre 2018 en dépit d’un potentiel estimé par les études entre 7000 et 8300 voyageurs/jour.



Mais c’était sans compter avec l’irruption inopinée de divers obstacles techniques (passages à niveau, voie supplémentaire en gare d’Orléans-Ville) qui augmentent la facture.


Une situation encore aggravée, en raison du temps perdu, par la perte d’une aide européenne de 40 M€ qu aurait été bien utile en raison de l’explosion progressive du budget (233 M€).


Pour un projet (trop ?) ambitieux qui vise la réfection totale des infrastructures, l’électrification de la ligne et la création de six arrêts dont deux nouveaux situés en zone urbaine et le déplacement de deux arrêts existants, avec comme objectif la mise en œuvre d’une offre cadencée et d’un trajet Orléans-Châteauneuf effectué en 32 minutes.


Dans ce contexte, la Région Centre-Val de Loire s’est concentrée sur le maintien et le développement des « petites lignes » TER en service. Démarche conclue en 2020 par un accord avec l’État pour le transfert à la Région de quatre « lignes de desserte fine du territoire » (voir Mobilités Magazine, 3 mars 2020).


Le débat Orléans-Châteauneuf est toutefois relancé en janvier 2021 avec un avis du CESER (Conseil Économique et Social Régional) qui préconise une réouverture par étapes de l’ensemble de l’ancienne ligne jusqu’à Gien afin de pouvoir desservir l’est du Loiret...


Alors que la réouverture de type TER semble bloquée, la solution (déjà auparavant évoquée) de type tramway express avec un service périurbain cadencé peut-elle revenir ?


Plus soutenue semble-t-il par l’Agglomération d’Orléans que le projet purement TER, elle consisterait à brancher la voie existante dans sa partie parallèle à la ligne B du tramway orléanais à la station « Pont Bordeaux ».


* Ligne de jonction ouverte par le P.O. en 1873 et fermée aux voyageurs en 1939. Restée ouverte au fret (céréales, engrais) entre Orléans et Saint-Denis de l’Hôtel. Elle suit en partie la RD 960 dont la saturation augmente en périphérie d’Orléans (de 6500 à 8000 véhicules/jour). En dépit de la création récente de la voie rapide RN 60 (25 000 à 50 000 véhicules/jour) qui absorbe l’essentiel des flux.