• Hubert Heulot

Nantes renforce ses transports publics a minima



28/10/2020 - « L’enjeu colossal des mois à venir est de reconquérir la confiance des passagers ! », proclame Pascal Bolo, président de la Semitan (Société d’économie mixte des transports en commun de l’agglomération nantaise), qui vient pourtant d’annoncer un renfort minimal du réseau de transports à Nantes, le 2 novembre, avec deux mois de retard sur la rentrée à cause de la crise sanitaire.


Les nécessités impérieuses


N’est ainsi procédé qu’aux « augmentations d'offres les plus impérieuses ». Des fréquences rapprochées, toutes les 5, 6 ou 7 mn sur des lignes de bus structurantes (C1, C6, C20) avec des remplacements de véhicules standard par des articulés. 24 bus de plus en tout, vont circuler sur 393 dans le parc. Des passages plus nombreux sont aussi programmés que quelques lignes de bus classiques.


L’augmentation global du nombre de km est 0,6%. De 175 000 km annuels alors qu’à la rentrée dernière elle avait été de 681 000 km. « Le confinement a entrainé un retard dans les campagnes de recrutement et de formation de conducteurs nécessaires pour produire une offre en forte augmentation », explique la Semitan.


La société plaide aussi la pause après une forte fréquentation en 2019 (+3,4%) et une croissance encore obtenue juste avant le confinement. « La nouvelle ligne structurante C5 lancée début mars atteint déjà 20 000 passagers par jour. 20 000 aussi, c’est le nombre de personnes qui ont emprunté notre nouvelle ligne maritime pendant le mois d’août », détaille Olivier Le Grontec, directeur général de la Semitan.


La future gratuité le week-end


Surtout, la Semitan est dans le flou sur les réels besoins dans les mois à venir. « Davantage de gens à vélo, en télétravail, le covoiturage qui démarre doucement, nous ne savons ce que sera la fréquentation du réseau », reconnaît Pascal Bolo. Pour le moment, après 60% de la « normale » en juin, 75 à 80% cet été, elle atteignait 85% juste avant la seconde vague de l’épidémie de Covid.


La Semitan a donc commandé une enquête auprès de 700 Nantais, menée fin septembre, tous modes de déplacements confondus, pour mesurer leurs changements d’habitudes. L’agglomération en a conduit une autre sur l’impact de la crise sanitaire sur différents aspects de la vie (revenus, consommation, nouvelles aspirations) dont la mobilité.


Les prochains ajustements de l’offre de transport sont reportés à septembre 2021. « En cas de baisse, il sera possible, pourquoi pas ? de porter à 20 minutes la fréquence de passage actuellement au quart d’heure de bus », glisse Olivier le Grontec.


Mais l’inverse paraît plus probable. « Après la baisse de 20% du prix des abonnements en juin, nous confirmons la gratuité des transports publics le week-end à partir de la rentrée prochaine et nous n’imaginons pas que cela ne provoque de nouvel afflux de passagers. Nous préparons donc une augmentation de l’offre », indique Pascal Bolo. L’hiver sera en quelque sorte passé dans l’expectative.