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  • Hubert Heulot

Nantes : deux-roues à moteur thermique dans le viseur


scooter Nantes
A Nantes, les scooters seront Interdits de zones piétonnes après 11h30 dès la fin du couvre-feu. (Photo Hubert Heulot)

15/02/2021 - « A la fin du couvre-feu !», promet Pascal Bolo, l’adjoint à la sécurité de Nantes, et président de la société de transports publics. Il interdira les zones piétonnes aux deux-roues à moteur thermique.


Principalement visés, les livreurs à scooters des plateformes Uber Eats et Deliveroo à qui les habitants reprochent le bruit, la vitesse et donc la dangerosité à l’abord des restaurants du centre-ville. Roulant à 50 et 60 km/h là où le Code de la route dit : au pas ! en zone piétonne.


Bruit et vitesse


A l’origine du problème, l’explosion de la livraison de repas depuis le premier confinement. Et le scooter remplaçant le vélo chez les livreurs. Loués par les « patrons » de filières d’exploitation, pour d’Uber Eats et Deliveroo, de migrants sans-papiers, surtout Guinéens et Maghrébins, comme l’a démontré une enquête locale de Ouest-France*.

A scooters, ils compensent le faible prix de la course - parfois moins de 3€ - en allant plus vite et en les multipliant. Les riverains se sont plaints d’abord de leurs rassemblements bruyants en nombre, à l’attente des commandes, puis de leurs départs fulgurants.

L’association nationale « Ras le Scoot » a donné de l’écho à la protestation. Nantes rejoint donc Montpellier, en imposant de nouveaux règlements.


L’électrique comme perspective


Un arrêté va donc interdire les deux-roues à moteur thermique dans les rues piétonnes à partir de 11h30. Pascal Bolo précise : « Les scooters devront ainsi se garer en bordure de zone, sur la route, dans les emplacements de stationnement qui existent déjà spécialement pour eux, même si l’on me dit qu’ils ne sont pas assez nombreux. Quitte à ce que les livreurs parcourent 50 m ou 100 m à pied jusqu’aux restaurants. Cela prendra sans doute du temps mais outre qu’ils respectent le Code de la route, à terme la seule solution est qu’ils optent pour le scooter et le vélo électriques. C’est le sens de l’histoire ».


Les plateformes Uber Eats et Deliveroo, avec qui la ville a eu des contacts, s’en tiennent à leur position habituelle. Elles ont beau rappeler les règles. Les nuisances sont de la responsabilité des livreurs qui ne dépendent pas d’elles puisqu’ils sont autoentrepreneurs.

Une fois l’arrêté pris, la ville se déploiera d’ailleurs en communication auprès d’eux pour faire appliquer les nouvelles règles.


Pas de stationnement payant


A travers cet exemple, Pascal Bolo le reconnaît, la multiplication des deux-roues dans la ville posent un plus large problème. « Nous n’en sommes pas encore à envisager qu’ils paient pour leur stationnement. Mais c’est une question que nous aurons à traiter dans l’ensemble de la réflexion sur un nouvel équilibre global du partage de la voirie ».


*Trafic de numéros de SIRET d’autoentrepreneurs et de licences auprès des plateformes numériques.