• Michel Chlastacz

Multiplication des attaques russes contre le réseau ukrainien


09/05/2022 - Hormis le bombardement meurtrier de la gare de Kramatorsk (voir Mobilités Magazine, 12 avril 2022) les attaques russes sur le réseau ferré ukrainien sont restées limitées.


Aussi, les bombardements russes simultanés par missiles sur une série de sites ferroviaires ukrainiens qui sont intervenues fin avril et début mai 2022 semblent se situer dans une nouvelle stratégie.


Ces attaques visent à la fois à empêcher l’arrivée des armes et des équipements américains et européens, à consolider les conquêtes territoriales russes dans l’Est du pays et, plus généralement, à désorganiser les transports ferroviaires.


Parallèlement, les ripostes ukrainiennes visant respectivement les Chemins de fer russes (RZD) et biélorusses (BC) semblent focalisées sur des attaques informatiques qui détruisent des données de contrôle des trafics ou se concrétisent par des sabotages d’armoires de relais de signalisation le long de certaines lignes.



Les premières attaques ruses sur le réseau ferré ukrainien sont intervenues le 25 avril avec la destruction des sous-stations électriques dans cinq gares importantes situées essentiellement dans l’Ouest et l’extrême Ouest du pays.


Elles ont été enregistrées à Zboldunov, Kovel et Korosten, gares situées au Nord et au Nord-Ouest de Lviv sur un « itinéraire-bis » Lviv-Kiev. À Berdychiv, gare de jonction des deux itinéraires Lviv-Kiev, et à Zhmerinka, gare de rencontre des itinéraires Lviv-Odessa et Kiev-Odessa.


Les secondes, qui sont intervenues le 4 mai 2022 ont visé des ouvrages d’art sur des axes reliant le Donbass au reste du réseau afin de les couper de l’ensemble du réseau ferré ukrainien.


Les troisièmes types d’attaques russes semblent avoir pour objectif plus général de désorganiser les trafics ferroviaires commerciaux.


Une évolution stratégique en raison de l’arrêt du port d’Odessa qui voit le réseau ferré ukrainien désormais plus fortement sollicité, notamment pour les exportations de céréales et en dépit des nécessités de transbordement aux frontières polonaise, slovaque, hongroise et roumaine.


Dans ce contexte, l’attaque du pont de Liman sur le Dniestr situé à 90 km au nord d’Odessa à la frontière entre Ukraine et Moldavie sur la ligne Odessa-Chisinau, apparaît ici très significative...