• Pierre Cossard

Mobilité post-pandémie : se déplacer moins, mais mieux


07/01/2022 - La pandémie accélère la modification des comportements et les déplacements seront durablement impactés par le Corona virus. Une étude du cabinet Roland Berger, parue en décembre dernier, montre que le retour à la normale sera très long, notamment pour les voyages professionnels.


La pandémie bouleverse les usages des voyageurs en même temps que l'industrie mondiale de la mobilité. Les vols étant quasiment à l'arrêt, les déplacements en avion ont chuté de 66% en 2020.


Roland Berger a interrogé plus de 200 experts du secteur et 7 000 voyageurs pour analyser et évaluer l'impact des tendances à attendre sur l'avenir de la mobilité. L’étude « How Covid has disrupted the future of mobility » fournit de précieuses indications sur les comportements attendus pour la mobilité de demain.


En particulier, elle montre qu’à l’issue de la pandémie, les voyageurs prévoient de diminuer d'environ 20% leurs déplacements, aussi bien privés que professionnels, en dépit d’un effet de rattrapage et d'impatience des voyageurs souhaitant voyager.


A la sortie de la pandémie, la prise de conscience environnementale et la recherche d’efficacité dans les déplacements, modifieront durablement les comportements. La demande redécollera donc, mais dans une configuration inédite.


Le train plus que l’avion ?


Trois tendances devraient façonner les transports longue distance de demain et orienter le choix des voyageurs : la conscience environnementale et la recherche d'efficacité des déplacements, la diminution de l'impact environnemental des déplacements, et l'innovation dans les modes de transports.

« La demande sera différente : les gens voyageront par exemple davantage en train sur certaines distances, les passagers rechercheront des compagnies aériennes respectueuses de l'environnement et les voyageurs d'affaires s'aventureront moins souvent loin du bureau, mais plus longtemps », commente Didier Bréchemier du cabinet Roland Berger.


Une tendance encouragée par les investissements et les subventions publiques qui affluent dans le secteur ferroviaire en Europe, en Chine et aux États-Unis.


Pour le transport aérien, les efforts qui ont engendré de véritables résultats sur l’environnement, vont se poursuivre avec l’utilisation de biocarburants, jouant un rôle essentiel. De ce fait, la répartition modale sera modifiée, la part du rail augmentant de 3%.


Des comportements différents selon les zones et les motifs de déplacements


Alors que les voyageurs prévoient de diminuer leurs déplacements privés ou professionnels d'environ 20% selon l’enquête, les raisons évoquées varient selon les régions.


Les personnes interrogées en Chine et en Europe sont sceptiques quant à la levée des restrictions sur les voyages, tandis que les américains sont plutôt dissuadés par les risques sanitaires liés à ces mêmes voyages.


En parallèle, les voyageurs d'affaires seront moins motivés à voyager en raison de l'irruption des technologies de mobilité virtuelle. En Europe, 44% des sondés estiment que celles-ci seront les principales raisons du changement des habitudes en matière de voyages et vont infléchir la politique des entreprises en matière de déplacements.


Au global, les voyages internationaux devraient diminuer de 10%, alors que les voyages nationaux, en revanche, ne baisseront que de 1%, en partie grâce à la tendance du « staycationing » (tendance du tourisme domestique).


C’est pour cela que, si la demande de voyages globale devrait retrouver son niveau pré-pandémique début 2026, celle des voyages d'affaires ne le retrouvera pas avant 2030, sauf la Chine qui, boostée par une forte croissance du marché, pourrait se remettre le plus rapidement, dès la mi-2022, sous réserve de l’évolution de la pandémie…