• Jean-François Bélanger

Lyon : vers la fin du système délégataire ?


24/11/2020 - Le président du Sytral s’apprête à recevoir le syndicat CGT-TCL. Parmi les sujets évoqués, le passage en gestion directe du réseau lyonnais. Contrairement à la situation actuelle, où c’est la société Keolis Lyon qui l’opère, selon le principe d’une délégation de service public jusqu’en 2022.


Le 14 décembre prochain, Bruno Bernard devrait soumettre au vote de la Métropole de Lyon, le passage en régie de la distribution de l’eau. Une évolution qui a renforcé les convictions des syndicats de traminots lyonnais, qui verraient bien s’appliquer un tel changement au secteur des transports publics.


D’autant que Bruno Bernard cumule les deux mandats, à la tête de la Métropole et de l’Autorité Organisatrice des Mobilités, le Sytral. « Nous avons écrit au président du Sytral début novembre pour en parler, et nous venons de recevoir une réponse positive. Reste à fixer la date », se réjouit Thierry Pécoud, secrétaire général de la CGT-TCL.


« Nous souhaitons que le mode de gestion change, qu’il passe de la gestion indirecte actuelle à une gestion directe. Une façon de faire des économies et de restituer aux citoyens les éventuels produits de l’exploitation, au lieu de les faires remonter auprès de la maison mère et de servir leurs intérêts financiers», argumente Thierry Pécoud.


Un tel système a déjà fait ses preuves ailleurs. Sont cités les réseaux de transports en commun de Grenoble et de Clermont-Ferrand, en Auvergne-Rhône-Alpes, ou de Nice. « Les formes juridiques existent pour cela : la Régie, l’Epic, la SEM, la SPL… », précise le syndicaliste.


Pas de gratuité mais un accès libre


En outre, la nouvelle directrice générale du Sytral, qui vient d’être recrutée pour prendre la suite de Raymond Deschamps, Patricia Vernaison-Revolle, arrive justement du réseau grenoblois.


Est-ce un signe favorable ? En tout cas, le calendrier marque une avancée par rapport à la situation précédente puisque « sous le mandat antérieur, la présidente du Sytral avait refusé d’en parler », selon Thierry Pécoud.


D’autres chantiers concernant le réseau lyonnais seront évoqués dans l’entretien, comme la définition du futur réseau, son financement, l’évolution de l’offre…


Sur ce dernier point, la CGT-TCL apprécie le geste du Sytral en faveur de la gratuité pour les plus démunis, et elle milite pour « un accès libre ».


« C’est différent de la gratuité, qui n’existe pas car il faut bien que quelqu’un paie », concède Thierry Pécout. En revanche, le syndicat déplore la fermeture de deux agences commerciales.


L’évolution du mode de gestion représenterait un changement profond, notamment pour Keolis, filiale de la SNCF, qui gère l’un de ses plus importants contrats en France, un contrat qui courre jusqu’à la fin 2022.


« Nous ne pensons pas le remettre en cause avant cette échéance. Nous aurons besoin de temps pour finaliser cette transition », concède Thierry Pécoud.