• Jean-François Bélanger

Lyon-Turin : nouvelle volte-face des Verts ?



11/05/2021 - Un rapport publié furtivement 6 mai 2021 par la Commission « Transports » d’Europe Ecologie les Verts (EELV), proposant une accélération de la réalisation complète de la liaison ferroviaire européenne Lyon-Turin d’ici 2030, a mis le feu aux poudres. Retiré aussitôt, il accentue la pression sur ce dossier en période électorale.


C’est un nouveau rebondissement. Alors que les Verts faisaient partie des initiateurs du projet, il y a une vingtaine d’années, ils s’étaient résolument rangés depuis dans une opposition ferme… jusqu’au 6 mai dernier ?


« Ce rapport étayé de 24 pages s’appuie sur tous les arguments fondamentaux et données factuelles que le Comité à régulièrement introduit dans le débat public au cours de ces dernières années », s’est aussitôt félicité le Comité pour la Transalpine, qui a eu le temps de prendre connaissance du rapport et a sauté sur l’occasion.


Ce rapport se montre également favorable à la liaison Montpellier-Perpignan. Mais ce fameux rapport a été retiré dans les 24 heures. Trop tard pour empêcher de s’exprimer sur Twitter diverses personnalités.


Jean-Luc Mélenchon s’est ainsi demandé si « les Verts retournaient leur veste », Sandra Regol, secrétaire nationale d’EELV, a, elle, rappelé que la position officielle des Verts est « Non au Lyon-Turin ! ».


Selon elle, il s’agirait d’un lobbying mené par des adhérents EELV de Chambéry. Un lobbying qui colle cependant au point de vue de l’opinion publique.

Selon les sondages successifs, de part et d’autre de la frontière, la population se montre en effet de plus en plus favorable à cet ouvrage (y compris auprès des sympathisants écologistes), dont la réalisation avance.


Reste que le Lyon-Turin est bien l’illustration d’un clivage au sein du mouvement écologique. D’un côté, ceux qui souhaitent effectivement un transport écologiquement vertueux.


Tandis que d’autres s’inscrivent davantage dans une logique de décroissance et s’opposent à un Lyon-Turin qui, au contraire, favoriserait les échanges...


Et c’est bien dans ce dernier camp que se rangent plusieurs élus, et pas des moindres, comme Eric Piolle, maire de Grenoble, ou Grégory Doucet, maire de Lyon…