• Jean-François Bélanger

Lyon-Turin : le tracé des voies d’accès au tunnel se précise


11/01/2022 - Après la réunion du comité de pilotage qui s’est déroulée le 13 décembre 2021, le préfet de Région Auvergne-Rhône-Alpes va transmettre au gouvernement, d’ici le 15 janvier prochain, le choix des élus pour le scenario retenu pour les voies d’accès au tunnel. Le choix du gouvernement pour le tracé définitif devrait intervenir un mois plus tard.


Plus d’une cinquantaine d’élus des territoires concernés a participé au comité de pilotage, sous la présidence du préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Mandaté pour la circonstance, SNCF Réseau a présenté trois scénarii pour les voies d’accès au tunnel transfrontalier.


Tous trois sont couverts par la déclaration d’utilité publique de 2013, mais présentent des caractéristiques différentes : l’un est qualifié « dominante fret », un autre est qualifié de « mixte » et le troisième de « grand gabarit ».


D’un point de vue financier, leur coût s’échelonne entre 5,4 Mds€ et 7,3 milliards, pour le « grand gabarit ». Ces coûts s’ajoutent à ceux du raccordement avec le Contournement Ferroviaire de l’Agglomération Lyonnaise (CFAL) et la mise à quatre voies de la portion Saint-Fons-Grenay, dans la banlieue lyonnaise, soit 2,3 Mds€.


Leurs performances respectives privilégient, soit les capacités de transport de fret, soit, avec le scénario « mixte », le gain de temps pour les TGV à destination de Chambéry, Annecy, Grenoble, Modane… et les TER (de 5 à 20 minutes).


Les élus doivent faire part de leur avis. Par exemple, le conseil départemental de Savoie doit se réunir en fin de semaine avant que de le restituer au préfet avant le 15 janvier. Mais déjà, les observateurs se sont prononcés.

Bruno Gazeau, président de la Fnaut.

Pour la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (Fnaut), « les voies d’accès doivent comprendre le tunnel de Dullin-Lépine pour donner tout son sens au projet voyageurs et le tunnel à grand gabarit de Chartreuse pour le trafic fret », annonce Bruno Gazeau, son président.


2032 au plus tôt ?


En tout état de cause, les scenarii présentés par SNCF Réseau fixent des échéances de réalisation postérieures à 2032, soit à minima deux ans après l’ouverture du tunnel transfrontalier.


De son côté, le comité « La Transalpine » presse le préfet d’accélérer les processus de décision de façon à coordonner le chantier global entre les deux pays. « Le processus de mise en chantier doit être enclenché dans la foulée du choix du scénario par l’Etat », lui a écrit Jacques Gounon, son président.


Or, aujourd’hui, c’est l’Italie qui est la plus avancée. Avec certes, des voies d’accès au tunnel d’un plus faible kilométrage, le pays est près à signer l’acte d’exécution pour bénéficier d’une prise en charge de la moitié des investissements par l’Union Européenne.


A la dernière réunion de la Commission Intergouvernementale, présidée par Josiane Beaud, les Italiens se sont dits prêt à engager à terme 165 trains par jour contre 100 trains par jour pour la France.


La décision de l’Etat est attendue d’ici le milieu du mois de février. La présidence française de l’Union Européenne associée à celle de la Commission Intergouvernementale du Lyon-Turin et les perspectives électorales pourraient donner un coup d’accélérateur au calendrier de réalisation des voies d’accès.