• Jean-François Bélanger

Lyon-Turin : la France à la traîne

24/06/2021 - Réunie à Chambéry, le 14 juin 2021, la Commission Intergouvernementale sur le Lyon-Turin a bien confirmé que pour l’Union Européenne, c’était bien l’ensemble de la liaison transfrontalière, tunnel et voies d’accès, qui est considéré comme le maillon stratégique du réseau central européen de transport. Seul manque l’engagement côté français sur le tracé.


Au nom de la Commission de Bruxelles, la Coordinatrice européenne, Iveta Radicova, a de nouveau insisté sur le caractère prioritaire du Lyon-Turin pour atteindre les objectifs climatiques du Green Deal.


Evoquant la révision en cours du programme européen de financement des infrastructures, elle a aussi confirmé la possibilité d’un cofinancement par l’Union Européenne de ces voies d’accès nationales, jusqu’à 50% de leur montant, soit à la même hauteur que pour le tunnel international.


Tunnel Lyon-Turin carte

Mais pour cela, les deux Etats doivent formaliser et préciser leurs engagements dans un « acte d’exécution » co-signé dpar la France et Italie, qui reste toujours en l’attente.


Les deux Etats se sont ainsi accordés sur l’objectif de livrer les quelques 200 km de nouvelles voies ferroviaires de part et d’autre du tunnel sous les Alpes à l’horizon 2030, c’est-à-dire en concomitance avec le calendrier prévu à ce jour pour la mise en service de l’ouvrage international.


La France face à ses responsabilités


Côté italien, le projet des voies d’accès est stabilisé depuis 2017. Mais côté français, le projet des 190 kilomètres de voies nouvelles entre Lyon et l’entrée du tunnel transfrontalier, à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), bien que déclaré d’utilité publique depuis 2013, reste flou.


Un processus d’études de phasage a été engagé en 2019. Parmi les trois scenarii étudiés, l’un, estimé à environ 5 Mds€, doit être retenu à la fin de cette année.


Mais l’acte d’exécution, indispensable pour disposer du financement européen promis pouvant atteindre 50% de ce montant, reste toujours en l’attente.


Les participants à la Commission Intergouvernementale ont retenu le principe que les deux Etats devront chacun avoir bouclé le dossier de leurs voies d’accès au plus tard en 2023.