• Michel Chlastacz

Les impasses transports des candidats à la présidentielle


01/02/2022 - Les enjeux de transports ne font pas politiquement recette. Quoique tous imbibés de nécessités écologiques, les principaux candidats à l’élection présidentielle semblent avoir en commun la même sous-estimation de l’importance des transports(1) dans cet « avenir de la planète », objet de leurs inquiétudes et sollicitudes.


Conjoncture oblige par ailleurs, la discussion reste focalisée sur le coût des carburants, le poids des taxes(2) et les moyens de compenser ces impacts dans les budgets des familles...


Cette sous-estimation des enjeux de transports se retrouve chez ceux qui affichent politiquement des objectifs écologiques comme chez ceux qui ont une expérience de responsabilité dans le domaine des transports.


Si Emmanuel Macron (encore non-candidat) n’a pour programme transport que la politique menée durant le quinquennat avec de multiples virages à 180 ° sur les LGV comme sur les « petites lignes », les autres candidats ne se manifestent guère par des propositions hardies.


Anne Hidalgo et Valérie Pécresse gardent une posture prudente et qui s’évertuent à ne pas apparaître par trop « parisienne » ou « francilienne ». Alors que la capitale et sa région peuvent pourtant faire figure d’exemple côté transports publics.


Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel font un maximum d’efforts pour rester « au ras du bitume » pour ne pas se couper des classes populaires dépendantes de la voiture.


Même si le candidat des « Insoumis » affirme vouloir « développer le transport ferroviaire » et revenir sur la réforme de la SNCF. Éric Zemmour, attaché au mythe automobile des « Trente glorieuses », n’affiche pour l’instant pas de position sur le ferroviaire et le transport public.


En revanche, le programme de Yannick Jadot affiche du côté du ferroviaire des objectifs aussi vertueux qu’ambitieux.


Il propose d’investir 4 Mds€ par an dans le réseau ferré et de supprimer les relations aériennes intérieures qui peuvent être remplacées par des trajets ferroviaires de moins de quatre heures.


Démarche qui vise aussi à privilégier les « trains du quotidien » et à stopper les grands projets jugés inutiles et dispendieux, ceux des LGV Lyon-Turin, Bordeaux-Toulouse/Dax et prolongement de la LGV Rhin-Rhône, mais aussi le Grand Paris Express !


Alors quid des objectifs précédents ? Sans LGV place nette est laissée à la voiture sur nombre de relations et l’avion garde un bel avenir sur Paris-Toulouse, comme les camions et les voitures dans les relations transalpines.


Quant à l’abandon du Grand Paris Express va cantonner les relations de banlieue à banlieue au « tout automobile »... Allez comprendre !



Mobilités Magazine reviendra dans le détail sur les programmes des différents candidats à l’élection présidentielle dans son numéro d’avril prochain.


 

(1) Les transports totalisent entre le quart et le tiers des émissions de CO2 qui sont quasi totalement dus à l’automobile et aux transportas aériens et maritimes.

(2) La baisse de la TVA sur les carburants est incessamment évoquée à la différence de la demande par le GART d’une même baisse sur les transports publics !